dimanche 14 novembre 2010

Automne Grec pour Algieba

Première partie d’hivernage à Messolonghi

Bonjour les amis,

Eh bien nous voilà donc dans cette marina de Messolonghi pour un bon moment. C’est un village international peuplé de nomades Anglais bien sûr, mais aussi Français, Allemands, Autrichiens et encore Américains, Australiens, Canadiens et j’en passe …


Le barbecue Anglo-Saxon du dimanche après-midi est de rigueur, nous n’y participons pas car nous n’aimons pas trop ce genre de réunion trop formel à notre goût … Un peu pince-fesses … Peut-être irons-nous un jour … Nous préférons un petit repas dans un estaminet sympa et populaire en ville suivi d’une bonne ballade en vélo dans la montagne environnante.


La ville est vivante et sympathique, le centre est très animé et il suffit de quelques coups de pédales pour se retrouver dans la campagne.
En tout cas, après une dizaine de jours de temps médiocre, voire exécrable mais entrecoupé de belles accalmies, l’été est revenu et c’est bien agréable de faire les petits travaux en short et torse nu à cette époque de l’année.
J’ai entrepris la construction d’un petit portique en inox à l’arrière du bateau afin de supporter un ou deux panneaux solaires supplémentaires et j’envisage également d’ajouter une batterie de service supplémentaire. L’autonomie complète est à ce prix …
Le temps s’écoule très vite, nos voisins sont sympas : Sur tribord, OUKIVA de Jaime et Annie déjà rencontrés à Carthagène. Sur bâbord, CAP D’OR, le ketch Anglais de Roger et Pam bourlingueurs depuis 20 ans et circumnavigateurs. Plus loin sur bâbord, un joli sloop de 48 pieds du nom de PACIFIC PEARL de Bruno et Judy, couple Franco-Australien avec qui nous entretenons d’excellentes relations, Bruno était Chef de cuisine et patron ! En face David et Lesley sur HIE, sloop de 9 mètres, sur lequel ils vivent en permanence (à plus de 70 ans !) et d’autres encore. Nous n’oublions pas non plus nos « vieux » amis Loulou, Dominique et Bastien de Dam’Marine qui sont à une autre « rue » du village !
Comme rien n’est parfait en ce bas monde, nous devons lutter contre les moustiques, nombreux à cette époque et avec la chaleur qui règne. Invisibles dans la journée, ils attaquent en escadrilles dès que le soleil se couche, cela dure environ 2 heures puis ils disparaissent !

Mais il va être temps de retrouver nos amis, la famille en Bretagne où, si l’on en croit les météos du monde entier, nous attendent pluies, tempêtes de Suroît et grains de Noroît ! et peut-être de la neige ?
A bientôt

lundi 25 octobre 2010

Une saison qui se termine

Du 3 octobre au 8 octobre - Andikira

Durant quatre jours, le temps est calme et ensoleillé, le village est tranquille et les gens sont gentils, bref, un séjour agréable. Depuis quelques temps, nous cherchions un petit four électrique (utile au port), respectant des dimensions bien précises afin d’entrer dans un équipet … Nous l’avons trouvé ici.
Bien sûr, nous explorons à pied les alentours qui sont très montagneux et plantés d’oliviers dans les parties les plus plates. Plus haut, c’est la garrigue et ses buissons de genévriers, cystes, thyms et autres, mais aussi des touffes de petits cyclamens roses qui parsèment les rochers ainsi que des crocus jaunes. Puis ce sont les montagnes abruptes aux pentes dénudées quasiment verticales qui s’élancent vers le ciel…
L’endroit est spectaculaire mais quand il y a du vent, celui-ci accélère de manière impressionnante.
Justement, un vent de Nord-est s’installe et soufflera violemment pendant deux jours, nous interdisant toute tentative de sortie. Heureusement, nous sommes bien protégés derrière le petit môle, l’avant du bateau est maintenu par son ancre mouillée quarante mètres plus loin plus une amarre de corps-mort et l’arrière par trois amarres au quai, mais ça bouge !
Un voilier battant pavillon Autrichien est amarré près de nous, Vati est d’origine Indienne, née en Malaisie et son mari est Autrichien. Elle est marrante, elle aime courir et veut absolument faire un footing avec nous, ce sera chose faite … Ils ont également prévu de passer l’hiver à Messolonghi … Nous nous reverrons.

Le 9 octobre – Andikira- Itea – 21 milles

Ces deux lieux ne sont pas très éloignés géographiquement mais il nous faut contourner le cap AK Pangalos pour rejoindre Itea. Ce matin, nous partons donc du fond de la baie d’Andikira pour attaquer le goulet de sortie avec le vent dans le nez.
Un premier bord nous emmène vers l’ex-usine Pechiney (traitement de la bauxite) où de nombreux Français ont travaillé. La mer est grise et moutonneuse, de bonnes vagues nous aspergent, le vent souffle à 20 nœuds venant du large, Algieba peine au près le plus serré, je commence à me dire que cela va être difficile de sortir de ce trou à rats. Cependant, après avoir viré de bord, le vent nous est plus favorable et nous pouvons même débrider légèrement, Algieba se trémousse alors de joie et taille l’écume à 7 ou 8 nœuds, faisant exploser les vagues contre sa coque.
A cette allure, nous atteignons rapidement le cap Pangalos et tout de suite après, nous retrouvons des allures portantes et même plein vent arrière, cool !!!
En arrivant au port, le petit père au mini camion-citerne vient nous voir, nous lui avions dit qu’au retour nous lui prendrions du gas-oil, il ne devait pas nous croire… Il est très content de nous voir, nous faisons le plein tout de suite !
Tous les jours, il viendra nous dire bonjour et faire la causette, moitié Anglais moitié Français. Un jour, il arrive avec une bouteille de rosé fabrication maison … Excellent !

Du 10 au 16 octobre – Escale à Itea

Vous l’aurez remarqué, les longues escales deviennent plus fréquentes, il faut dire que la saison avance et que maintenant il nous faut rejoindre notre abri d’hiver, Messolonghi. Nous avons donc retrouvé le grand quai d’Itea ,absolument vide, avec un certain plaisir car nous aimons bien l’ambiance de cette petite ville, le seul problème est que nous n‘avons ni eau ni électricité. Pour l’eau , ça va car les réservoirs du bateau suffisent amplement et un robinet se trouve à quelques centaines de mètres. En ce qui concerne l’électricité, il y a bien les panneaux solaires et l’éolienne mais le soleil et le vent sont souvent absents cette semaine ! Il faut donc gérer notre énergie et pour cela, nous serons obligés de faire tourner le moteur à trois reprises, c’est la première fois que nous faisons cela depuis le début de la saison.
Comme je l’ai dit plus haut, notre petit père (il s’appelle Sotiris et est âgé de 72 ans) vient nous rendre visite en s’annonçant à grand renfort de klaxon, il nous parle de son pays…
Jeudi, le temps se dégrade carrément, orages violents et pluies diluviennes, nous attendons maintenant un créneau météo pour repartir.

Dimanche 17 octobre – Itea- Messolonghi – 58 milles

Les prévisions météo sont pessimistes pour les jours à venir. Ce matin il pleut mais au moins le vent, s’il y en a, ne devrait pas être défavorable. Nous faisons route au moteur sous la pluie et en arrivant à hauteur de Trizonia, nous décidons de ne pas nous y arrêter comme prévu et de poursuivre notre route jusqu’à Messolonghi encore distant de 35 milles.
Le vent faible d’Ouest ne nous gêne pas et il bascule à l’Est, toujours faible, en début d’après-midi tandis que le ciel est encore plus noir et menaçant !
Cependant, c’est sous un ciel plus clair que nous apercevons les premières maisons sur pilotis et nous embouquons l’entrée du chenal de Messolonghi . Il faudra des appels répétés à la VHF avant que le marinero de service nous réponde … Il nous installe à une place provisoire … Nous avons un petit pincement au cœur en pensant à cette nouvelle saison qui se termine.

Début d’hivernage à Messolonghi

Le mauvais temps persiste pendant deux jours, coups de vent et orages très violents se succèdent avec quelques courts répits. Puis la météo s’améliore et nous permet de sortir enfin les vélos et de faire nos promenades et nos courses !
Nous connaissons déjà la ville de Messolonghi qui est charmante et très vivante. Elle est située sur une plaine côtière s’étendant sur une largeur d’environ 4 à 5 kms au pied de la montagne, cette plaine s’allonge sur une distance d’une bonne trentaine de kms.
De nombreuses oliveraies et orangeraies sont les principales cultures, des petites routes bordées de maisons campagnardes avec basse-cour fournie comprenant poules, coqs, pintades et l’inévitable dindon ! ainsi que le petit bétail.Nous aimons bien cette ambiance rurale qui nous rappelle un peu notre jeunesse !
Nous découvrons aussi une jolie petite route de montagne qui longe un torrent et nous emmène sur les hauteurs dominant la lagune de Messolonghi. Cette route est très pentue et bordée de fossés et talus où poussent des multitudes de petits cyclamens roses … Les seuls bruits que nous entendons sont les clochettes des moutons et biquettes ainsi que le bruissement de l’eau qui coule. Cela nous change complètement de la mer !
Nous songeons maintenant aux bricoles à faire sur le bateau … Entretien après une saison bien remplie et nouveaux petits aménagements, notamment pour améliorer la vie au mouillage (plus d’énergie solaire surtout)… En prévision, la construction d’un mini-portique destiné à supporter un panneau solaire supplémentaire.
Il n’y a qu’un petit shipchandler en ville, jeune, très sympathique et compétent, il peut me fournir les tubes inox et me fait rencontrer un de ses amis, ingénieur, qui se propose de fabriquer les pièces inox nécessaires à l’assemblage. Par contre, nous devrons probablement aller à Patras pour acheter le panneau.

lundi 4 octobre 2010

Algieba visite les golfes de Patras et Corinthe

Dimanche 5 septembre – Messolonghi – Patras - 19 milles – Escale à Patras

Après avoir fait une escale de quelques jours à Messolonghi, un peu plus longue que prévu pour cause de mauvais temps, nous nous décidons à repartir ce dimanche en début d’après-midi. La météo est incertaine et nous optons pour une courte traversée du golfe vers Patras où nous arrivons vers 19h.
La traversée s’est finalement faite presque toute à la voile avec un petit vent portant et un beau soleil malgré les gros nuages noirs qui s’attardent sur les sommets montagneux.
Nous avions à peine amarré le bateau dans le port qu’un « Coast Guard » (garde-côtes )arrive pour nous contrôler, c’est la première fois et … nous ne sommes pas en règle !
En effet, nous n’avons toujours pas acheté le fameux transit-log, document obligatoire pour la circulation des bateaux de plaisance étrangers en Grèce, ce qui en passant, est une complète infraction aux lois Européennes sur la libre circulation des biens et des personnes.
Qu’importe, cela perdure, seul le prix a diminué …
Le Coast Guard est sympa et nous indique le lieu où l’on doit aller payer cette taxe de 29€ afin d’obtenir le précieux document, ce que nous ferons le lendemain matin.
Patras est une grande ville, la troisième de Grèce avec 175 000 habitants. Elle est située au sud de l’immense bras de mer qui coupe la Grèce en deux et aboutit au canal de Corinthe. Elle fut détruite pendant la guerre d’indépendance et reconstruite de manière géométrique avec un quadrillage rectiligne des rues.
Une magnifique forteresse (le Kastro)datant de 551 avant JC domine la ville , nous n’avons pu la visiter car elle était fermée le lundi, jour de notre passage.
Un ancien Odeon Romain a été restauré, le centre ville est plutôt agréable avec ses arcades, ses espaces verts et une immense place où se trouve le théâtre Apollon.
Sinon ce ne sont qu’immeubles plutôt laids, une immense gare de ferries ( plus d’1 km de long sur le front de mer ) bordée à son extrémité Est par des bâtiments désaffectés, squattés par des jeunes SDF immigrés probablement en mal de partance … Ils sont accrochés aux grillages, regardant avec avidité le trafic des ferries …
Nous voulions partir le mardi, mais le vent et le courant étaient contre nous, aussi avons-nous renoncé et, comme la marina fonctionne par période de deux jours, nous sommes restés jusqu’au jeudi.
Nous avons donc tracé la ville à pied et pu observer la vie des Grecs dans cette grande métropole … Beaucoup de monde en pleine journée aux terrasses des grands cafés . En face de la marina il y a une longue promenade , le soir elle est pleine de monde et les bars sont bondés jusqu’à une heure avancée de la nuit, déversant leur flot de musique. Nous sommes obligés de nous boucher les oreilles pour dormir !
Cette ville est bruyante, très animée et entourée de zones plutôt sales et parfois mal fréquentées…

Jeudi 9 septembre – Patras – Trizonia – 21 milles

Nous quittons le bruyant port de Patras vers 9h30, il n’y a pas de vent mais tant pis … Nous nous dirigeons vers le grand pont suspendu qui enjambe le petit détroit de Rhion et plus nous approchons, plus le courant (contraire) se fait sentir . Il est de 2,5 nœuds sous la travée centrale et nous ralentit sérieusement mais cela ne dure pas. Un demi-mille plus loin, le bras de mer s’élargit considérablement et le courant devient nul , nous mettons à la voile pour une petite heure et de nouveau le moteur .
Déjà l’île de Trizonia se profile à l’horizon et nous empruntons le chenal qui la sépare du continent, une jolie anse profonde située à l’est de l’île nous accueille et nous mouillons notre ancre par 3 mètres sur fond de vase et herbes.


Une marina a été construite il y a 25 ans (avec les fonds Européens) juste à côté mais n’a jamais été terminée suite à des malversations. Les quais et les deux pontons en béton sont utilisables mais il n’y a pas d’électricité et seulement un robinet d’eau. Au beau milieu, entre les deux pontons, un ketch de 15 mètres est coulé, les deux mâts dépassent de l’eau.
Cette étrange marina est fréquentée et certains bateaux y sont à l’année, des Allemands, Anglais, Français y vivent en permanence … C'est gratuit.
Après avoir fait une reconnaissance à pied, nous y trouvons une place et nous y installons pour quelques jours.
Que dire de cette petite île sinon qu’elle est charmante avec son paysage vallonné fait de garrigues, de rocaille mais aussi de vignes et oliveraies. Tout y est paisible et nous avons l’impression de vivre hors du temps.
Cependant, dans les beaux endroits, on trouve parfois des déchets … et une grande décharge occupe une hauteur de l’île, elle est visible depuis la mer. Aussi les habitants nourrissent-ils une population importante de chats pour lutter contre les rats qui descendent au village quand le feu est mis pour brûler les déchets … Ainsi Trizonia est-elle nommée l’île aux chats.
Nous retrouvons avec plaisir nos amis Nicole et Dominique de Houbibi qui ont élu domicile pour quelques jours dans cette « marina ».
Nous y restons cinq jours et nous ne voyons pas le temps passer …
Une anecdote : Un jour, nous prenons le petit bateau pour passer sur le continent et faire quelques courses au village en face. Nous sommes en compagnie d’un Pope en soutane, chapeau et grande barbe.
Après être débarqués, nous suivons la même direction que lui et nous le voyons avec surprise enfourcher un motoculteur attelé d’une remorque et partir tranquillement sur cet engin .Un pope jardinier quoi !

Mardi 14 septembre – Trizonia – Galaxhidi – 22 milles

C’est par un léger vent de face que nous quittons ce havre de paix, tout d’abord au moteur puis à la voile en tirant deux bords. Algieba se faufile entre les nombreux îlots pour atteindre le tout petit port de Galaxhidi dans lequel se trouve déjà Houbibi. Dans ce port, il faut mouiller son ancre puis venir s’amarrer cul à quai …
En voulant nous mettre près de Houbibi, nous prenons notre ancre dans sa chaîne et devons recommencer la manœuvre en choisissant une autre place un peu plus loin … Chaud ! Mais finalement ça se passe bien.
Galaxhidi est un joli petit village non touristique, un peu endormi sous la chaleur .Les maisons y sont typiques et colorées, les ruelles sont calmes, nous nous sentons loin de l’agitation.
Nous entreprenons l’escalade de la colline dominant le port et en haut de laquelle se trouve un moulin à vent. Nous empruntons des petits sentiers pentus parmi les pins puis ensuite à travers la garrigue. Chemin faisant, nous croisons une jolie tortue qui se promène tranquillement parmi les touffes de thym. De là-haut, le panorama sur le village et les îles avoisinantes est superbe.

Mercredi 15 septembre – Galaxhidi – Itea – 5 milles

Très courte étape à travers les îles et îlots pour rejoindre Itea qui est une station balnéaire située dans le fond d’un petit golfe, il y a un grand quai sans eau ni électricité mais peu onéreux. Les blocs électriques sont en place mais se détériorent petit à petit, encore un projet de marina qui a échoué !
Le petit père qui passe avec son mini-camion citerne nous dit que la marina avait commencé à fonctionner puis a fait faillite peu après, tout le monde voulait s’en mettre plein les poches !
La ville est plutôt quelconque mais sympathique et l’on y trouve de tout. Elle possède tout de même trois magnifiques églises colorées ,toutes neuves … De plus, c’est une excellente base pour aller visiter Delphes, ce que nous ferons le lendemain.

Jeudi 16 septembre au 23 septembre - Itea

Le jeudi, nous empruntons le bus qui nous conduit à Delphes par une route sinueuse et impressionnante, longeant des ravins et dominant la plaine couverte de milliers d’oliviers… Une véritable mer de verdure ! La visite du site archéologique ne nous déçoit pas, tant la beauté et la magnificence sont partout. Nous avons particulièrement apprécié le théâtre, le temple d’Apollon et le stade ainsi que la position géographique au pied du mont Parnasse.


Le nom de Delphes vient du mot dauphin (delphís) : dans la poésie homérique, Apollon aurait pris la forme de cet animal pour attirer les marins crétois chargés d'instaurer son culte sur le site.
Le premier village remonte à 1400 av JC et le sanctuaire a probablement été commencé vers 800 av JC, cela ne date pas d’aujourd’hui ! Les oracles y étaient distillés par les Pythies qui faisaient en sorte de faire plaisir à tout le monde … Politique oblige !
On attribue la destruction du temple au tremblement de terre de 373 av. J.-C., mais la catastrophe, provoquée par un glissement de terrain, fut assez limitée. Puis le site perd son autonomie et entame un long déclin surtout après la conquête de la Grèce par Rome.
Le lendemain, nous louons une voiture avec Dominique et Nicole de Houbibi et partons à la découverte des alentours. La première étape sera pour la visite de l’imposant monastère d'Osios Loukas qui compte parmi les plus beaux monastères Byzantins de Grèce. Il est classé au Patrimoine mondial de l'UNESCO et est réputé pour ses mosaïques à fond d'or du XIe siècle, ses fresques et le raffinement de sa décoration : pavements de marbre, jaspe et porphyre… Saint Luc en est le fondateur.
Nous avons dû nous habiller « convenablement », pantalon pour les messieurs et robe pour les dames… cela faisait bien 6 mois que je n’avais porté de pantalon !
Le monastère est encore occupé par quelques moines orthodoxes.
Après un bon déjeuner à Arcachova, nous prenons une petite route de montagne afin d’aller voir la grotte de Paon … Nous ne la trouverons jamais !
Nous continuons notre promenade sur les flancs du mont Parnasse, pensant à toutes les histoires des Dieux et des muses dans ces parages.
L’escale de Itea se prolongera quelques jours pendant lesquels nous ferons de longues promenades dans les oliveraies, nous nous rendons aussi à une petite plage éloignée du centre pour profiter de la baignade.
Deux jours de vent fort nous font patienter encore avant de quitter ce petit port sympa et presque gratuit … Le garde-côtes, que nous surnommons « l’amiral » dans son bel uniforme blanc, ne nous a taxés que trois nuits sur les neuf que nous y avons passées.

Vendredi 24 septembre – Itea-Corinthe - 40 milles

Un vent très irrégulier et rafaleux nous accompagne durant cette journée, il varie de 3 à 20 nœuds et plus sans prévenir et fait se coucher le bateau par instants. .. Nous l’avons dans le nez bien sûr ! Il deviendra plus régulier ensuite et nous finirons avec la pétole et le moteur …
Le petit port « de plaisance » de Corinthe ne se voit qu’au dernier moment car il est masqué par les gros cargos amarrés dans le port de commerce. Il est minuscule et mal agencé, il y a très peu de place.
Nous parvenons à nous amarrer le long d’un petit quai où il y a peu d’eau, la dérive touche d’ailleurs le fond, vite nous la relevons. Un petit père en vélo que nous devinons Anglais nous renseigne : un robinet d’eau, pas d’électricité … Nous pouvons rester le temps que nous voulons, c'est gratuit selon lui, les garde-côtes ont autre chose à faire que s’occuper des voiliers de passage.
Cet homme, un Cornouaillais bien sympathique, est en fait un SDF, il vit à un angle du petit port de pêche, bien installé sous un figuier où il a aménagé son coin avec une table et une « couchette » … Deux chiens montent bonne garde ,tout le monde le connaît ,il fait des petits boulots de réparations sur les bateaux des pêcheurs et embarque de temps en temps pour la pêche.
Il viendra nous saluer lors de notre départ.
Des jeunes Tunisiens désœuvrés traînent aux alentours du port et proposent leur aide quand un bateau accoste … moyennant une petite pièce.Ils lavent aussi les voitures.
Bref, une grande ville de passage.

Samedi 25 septembre au Vendredi 1er octobre - escale à Corinthe

Nous sommes bien installés au quai des pêcheurs et peu pressés de rentrer à Messolonghi …
Un jour, nous prenons le bus en compagnie de l’équipage de Houbibi pour aller visiter le site archéologique de l’ancienne ville de Corinthe . Nous revenons enchantés de notre visite tant ce site recèle de merveilles et de traces du passé. Nous imaginons la vie des Corinthiens de l’époque dans cette ville très organisée, possédant un magnifique réseau d’eau, des thermes, un marché, des boutiques, des temples etc … et défendue par une imposante forteresse qui surplombe la ville à 524 m d’altitude. Elle était également dotée d’un port ( Echaion) situé sur la côte en contrebas.
Dominique est passionné de géologie et d’archéologie, il nous sert de guide éclairé.
Un autre jour, nous louons une voiture, toujours avec nos amis Dominique et Nicole et nous montons cette fois à la forteresse. Après avoir cheminé sur les sentiers pierreux en forte pente, découvert des restes de poteries parmi les pierres, admiré les crocus jaunes et les cyclamens violets fleurissant dans les rochers, nous arrivons au sommet du site.
Là,dit-on, Aphrodite et ses compagnes se livraient à des jeux coquins … Il faut dire que les Corinthiens avaient alors une réputation de débauchés , Saint Paul a d’ailleurs essayé de les sermonner !
En tout cas, le panorama est splendide, nous jouissons d’une vue superbe sur le golfe de Corinthe, l’isthme et le canal ainsi que l’entrée de la mer Egée.
L’après-midi, nous visitons le lac presque fermé de Vouliagmeni enchâssé dans les montagnes couvertes de pins vert clair, il communique avec la mer par un chenal large de quelques mètres et très peu profond. Et enfin, ce sera le port antique et le sanctuaire de Heraion de Perachora dédié à la déesse Hera,situés dans un cadre spectaculaire… Avant le retour et un arrêt pour admirer le canal de Corinthe qui forme une véritable tranchée dans les roches.
Le reste du temps, nous profitons d’être en ville pour faire quelques emplettes et connaître un peu mieux cette ville de Corinthe.

Samedi 2 octobre – Corinthe – Andikira - 31 milles

Le port de Corinthe est laissé derrière nous par un vent irrégulier de Nord-Ouest ( bien sûr c’est notre direction !), ce qui nous oblige à alterner voile et moteur et faire beaucoup de manœuvres. Il deviendra plus régulier ensuite en halant le Nord/Nord-Est, ce qui nous arrange, mais il faiblira à l’heure de midi et le Volvo prendra le relais.
Nous l’avons ensuite plein arrière faible et remettons à la voile quelques milles avant d’arriver à notre destination. Le soleil chauffe, tout va bien …
Il nous reste 2 milles à faire mais, avant d’entrer dans la grande baie, nous voyons la mer écumante à moins d’un mille sur bâbord. D’abord étonnés, nous nous rendons compte que les gros nuages noirs noyant le sommet des montagnes génèrent une sorte de vent catabatique qui dévale le long des pentes raides.
Effectivement, plus nous avançons et plus la mer est blanche, le vent monte soudainement et atteint 25 nœuds en quelques minutes, les rafales sont rageuses.
J’ai pris soin d'affaler la grand-voile avant d’entrer dans ce chaudron et nous nous dirigeons au moteur vers le petit port en nous disant qu’avec ce temps, le mouillage ne sera pas marrant … Heureusement, il reste une place au quai et nous nous lançons dans la manœuvre d’accostage avec le fort vent de travers. L’ancre est mouillée par le matelot à une quarantaine de mètres du quai puis marche arrière rapide pour faire culer le bateau vers le quai tout en déroulant la chaîne.
A un moment, on arrête de dérouler pour faire crocher l’ancre solidement puis on continue à culer jusqu’au quai où je peux lancer les amarres à deux plaisanciers sympas qui nous ont vu manœuvrer.
Et voilà, Algieba est immobilisé et se balance sagement ouf …
Le port est tout petit et Il n’y a que 4 places pour les bateaux de passage. Un poste d’électricité fonctionne ainsi qu’un robinet, nous ne savons pas si nous devons payer, nous verrons !
Algieba n’a pas vu une prise électrique depuis presque 3 semaines, les batteries vont apprécier !
Andikira ou Andikiron ( nous nous perdons dans les différentes orthographes Grecques)est un petit village situé dans un vaste cirque dominé par de hautes montagnes.
La saison est finie et nous retrouvons le calme campagnard après l’agitation Corinthienne ! Ballades dans le maquis et rencontres de tortues nombreuses par ici.

mercredi 1 septembre 2010

Pérégrinations d'Algieba en mer Ionienne

Vendredi 4 août – Escale à Lefkas

Lefkas , nommée aussi Lefkada ou Leucade, est une ville très active, tant au point de vue touristique que du côté économique. L’architecture est relativement récente car la ville fut détruite lors du tremblement de terre de 1953 et reconstruite de manière un peu anarchique. Seuls quelques vieilles maisons ou parties d’églises subsistent.
La plupart des maisons sont en brique et les murs sont recouverts de tôles peintes de jolies couleurs, ceci pour être en mesure de résister aux séismes éventuels.
Les clochers et clochetons ont également été reconstruits dont un en métal, ce qui lui donne une étrange allure.
La ville est entourée par une grande lagune peu profonde, l’île n’étant séparée du continent que par l’étroit canal que nous avons emprunté la veille.

Samedi 5 août – Lefkas – Baie d’Ormos Vlikho – 10 milles

Petite étape qui nous emmène à travers la lagune et son chenal vers un fjord profond où se trouve, à l’entrée, le village de Nydri et plus loin, la baie complètement fermée de Vlikho.
Le vent nous pousse tranquillement et, lorsque nous arrivons devant Nydri, nous sommes impressionnés par le trafic de bateaux qui vont et viennent dans tous les sens !
La « Baie tranquille » située en face de Nydri et chantée par Jean-François Deniaux n’a plus de tranquille que le nom, du moins en cette période de l’année. Une foule de bateaux y sont à l’ancre et certains y passent même l’hiver. Il y en a même qui sont dans un état de délabrement avancé …
En pénétrant plus avant dans le fjord, l’immense baie de Vlikho est beaucoup plus tranquille et nous y laissons tomber notre ancre dans le coin Nord-Est.
Bien sûr, il y a quelques tavernas et restaurants sur la rive Est, ce qui amène un petit trafic de vedettes à moteur souvent pilotées par des « Schumacher » du bateau… 500 CV au derrière, ils passent à grande vitesse quelquefois au ras du bateau, ils nous font danser !
Baigneurs, méfiez-vous et ne vous éloignez pas car ils vous couperaient la tête !
Ceci dit, ce n’est pas trop souvent et seulement à certaines heures de la journée … L’eau est à 26° et les baignades sont les bienvenues, surtout après quelques marches dans la campagne par les sentiers de chèvres et par des températures de 35°, pourtant en fin d’après-midi.
Le village de Nydri n’offre aucun intérêt, c’est une succession de boutiques pour touristes… mais il est bien pratique pour les courses et pour internet. Par contre, le petit village endormi de Vlikho est très intéressant avec ses vieilles maisons accolées au flanc de la montagne, toutes ornées de tonnelles de vigne montrant de belles grappes dorées. La vie s’y déroule lentement, les anciens lisent ou font de la broderie (sans lunettes, avons-nous remarqué) sous leur tonnelle. Curieusement, les touristes ignorent ce village !
En face de Nydri, se trouve l’île Madouri

où l’on peut voir la magnifique villa du poète national Grec Aristotelis Valaoritis, maintenant disparu, et près de la baie tranquille, se trouve la tombe de l’archéologue Dorpfeld qui émit la thèse selon laquelle Lefkas serait la patrie d’Ulysse et non Ithaque … Il est évidemment vénéré ici.
Un bateau qui ne nous est pas inconnu vient mouiller pas très loin de nous, « La Chouette » remonte de Turquie, Yves et Anne-Marie ( Yves est Breton de Douarnenez) nous invitent à leur bord et nous nous racontons nos aventures mutuelles.




Jeudi 12 août – Vlikho – Baie d’Abelike (île de Meganisi) – 7 milles

Nous avons cette fois jeté notre dévolu sur la baie d’Abelike située au nord de la petite île de Meganisi. Après une courte navigation qui nous permet au passage d’admirer l’île de Skorpios , propriété de la famille Onassis, nous nous faufilons parmi les quelques bateaux au mouillage jusqu’au fond de la baie où nous pouvons mouiller par 6 mètres d’eau, ailleurs c’est très profond… Il n’est que 11h30 et toute la journée, les bateaux vont arriver, s’entassant les uns sur les autres, beaucoup mettant des amarres à terre.
Nous commençons à trouver que cela fait beaucoup de monde, mais la surprise sera au retour de la promenade, une quinzaine de bateaux Hollandais ( location ) en voyage organisé sont venus constituer un village flottant à quelques encablures de nous ! Et c’est la fête le soir … Ah les joies du mois d’août !!!
Port Vathi n’est qu’à un quart d’heure de marche par une petite route qui serpente entre les oliviers, c’est une jolie bourgade dotée d’un petit port où accoste le ferry qui fait la liaison entre les îles.
Le lendemain, beaucoup de bateaux partent et nous serons plus tranquilles ! Nous irons, cheminant toujours à pied, parfois sous le soleil brûlant, parmi les innombrables oliviers, visiter le mignon et authentique petit village de Katomeri. Là aussi, beaucoup d’anciens, femmes en habit noir , tous nous saluant du traditionnel « Yassas »…
Le retour se fera par Port Atheni où sont rassemblés beaucoup de petits bateaux de pêche vivement colorés.

Samedi 14 août – Abelike ( île de Meganisi) – One house bay (île d’Atoko) – 15 milles

Cap au sud ce matin, afin de rejoindre la petite île montagneuse d’Atoko qui n’est pas habitée. Le vent est faible mais suffisant pour faire le trajet à la voile, il forcira d’ailleurs en fin de parcours. Le seul vrai mouillage se trouve au sud-est de l’île et se nomme « One house bay » car il y a une petite maison (inhabitée) près de la plage.
Nous y arrivons vers 14 heures et déjà une quinzaine de bateaux sont au mouillage dans cet endroit exigu mais d’une très grande beauté, imaginez un écran de verdure géant partant de la grève et grimpant presque à la verticale jusqu’à 334 mètres d’altitude, le vert des arbres contrastant avec le bleu turquoise de l’eau, tout cela sur un fond de ciel bleu Méditerranéen.
Des milliers de cigales peuplent les lieux ainsi que quelques chèvres sauvages que nous apercevrons le soir sur la plage.
Le vent est déjà bien établi au Nord-Ouest et souffle en rafales descendant de la montagne. Nous trouvons difficilement une place et mouillons près de la plage, l’ancre est vivement sollicitée mais elle est bien crochée dans le sable et tiendra bon. Dans l’après-midi, les bateaux partent les uns après les autres et nous ne serons plus que cinq le soir. La nuit sera malheureusement très ventée et peu tranquille…



Dimanche 15 août – One House Bay – Astakos ( continent) – 13 milles

Retour au continent, toujours à la voile, avec un bon vent portant . Nous faisons notre entrée dans la baie d’Astakos vers 12h30 et mouillons une demie-heure plus tard en face du port de cette grosse bourgade autrefois tournée vers la pêche à la langouste… Astakos signifie langouste en Grec.
Nous ne sommes que trois au mouillage, on respire un peu mais … Il fait une chaleur accablante, il souffle un vent brûlant, la température monte à 40°. Un petit bain de temps en temps pour se rafraîchir et en fin d’après-midi, nous allons « en ville » … prendre un verre à une terrasse !
Ce bourg est construit de manière anarchique, de vieilles maisons y côtoient des immeubles plutôt laids et les rues sont rectilignes.
Cependant, sur les arrières, au pied de l’imposante montagne, nous trouvons des petits chemins tranquilles bordés de petites maisons sympathiques avec de jolis jardins.
Au mouillage, quand le vent vient du nord, nous avons quelques odeurs désagréables et nous supposons qu’il y a encore des égoûts qui doivent se déverser dans la mer !

Mardi 17 août – Astakos- Messolonghi ( Golfe de Patras)- 35 milles

Nous quittons Astakos vers 9 heures, la météo annonce des vents plus forts pour l’après-midi, mais comme ils seront portants, cela ne nous inquiète pas.
Nous nous faufilons entre les îles Echinades, admirant la beauté du paysage, le vent nous pousse tranquillement mais il forcit petit à petit.
A l’entrée du Golfe de Patras, il atteint 15 à 20 nœuds puis augmentera jusqu’à 30 nœuds avec des rafales a plus de 35 nœuds …

C’est donc une mer agitée à l’entrée du long canal bordé de jolies maisons sur pilotis qui conduit à Messolnghi, puis le plan d’eau se calme et nous arrivons à la nouvelle marina .

Mercredi 17 au Vendredi 20 août – Messolonghi

Escale prolongée dans cette marina en cours de finition … donc en travaux mais pas trop gênants. L’environnement s’en ressent bien sûr mais il y a l’essentiel. Après avoir vu la ville qui est vivante et agréable, parcouru les environs ( lagunes, marais salants mais aussi montagne ) avec nos bicyclettes que nous avons sorties pour l’occasion, et aussi examiné les tarifs qui sont attractifs, nous décidons que ce sera notre lieu d’hivernage à partir de la mi-octobre.
En attendant, nous allons continuer à explorer les îles Ionniennes qui ont encore beaucoup de trésors à nous faire découvrir.

Samedi 21 août – Messolonghi – Port Vathi (île d’Ithaque)- 41 milles

Ce matin, la chaleur est torride, le vent souffle vigoureusement d’Est , il serait dommage de ne pas en profiter pour sortir du golfe de Patras. Nous partons donc un peu précipitamment et du coup, nous oublions les documents du bateau à la marina … Tant pis, nous reviendrons plus tard les chercher.
Jusqu’à la sortie du golfe, nous aurons un bon vent portant quoique parfois rafaleux, certaines pointes dépassent les 35 nœuds et il y a de la vague !
Une fois passé le cap … nous devons mettre le moteur et c’est en fin d’après-midi que nous entrons dans la grande baie de Port Vathi, à ne pas confondre avec Port Vahti de Meganisi. Le village ceinture la baie et tout le fond est entouré de quais, de restaurants, tavernas, l’endroit est plutôt peuplé mais le village, qui s’étale sur les hauteurs, est magnifique !
Nous sommes dans la patrie d’Ulysse … …

Cette baie, quoique un peu bruyante la nuit, est agréable et nous avons tout ce qu’il nous faut, même internet à bord. Nous y resterons donc 5 jours car nous ne sommes pas pressés. La ville, comme beaucoup d’endroits de cette région sensible, a été complètement détruite par le séisme de 1953 puis reconstruite. Elle ne manque cependant pas de charme avec un centre animé et de jolies maisons sur les hauteurs ceinturant la baie.
Nous passons un dimanche très tranquille, agrémenté d’une promenade à pied dans la colline, avec toujours de magnifiques panoramas.
Puis, le lundi en fin d’après-midi, une horde de bateaux de location arrive, les uns s’entassent à quai, les autres se mettent au mouillage, nous sommes cernés de près et plusieurs bateaux risquent de s’emboutir ! Ils repartiront tous le lendemain dans la matinée laissant la baie vide, puis d’autres les remplaceront en fin d’après-midi …
Nous profiterons de cette journée pour louer un scooter et partir à la découverte de l’intérieur de l’île par de petites routes de montagne parfois défoncées. Perachori est un petit village tranquille niché dans la montagne, ses maisons colorées s’étalent sur son flanc.
Après la fontaine d’Arethuse, lieu où Ulysse rencontra le porcher Eumée, en direction du sud de l’île, nous sommes obligés de rebrousser chemin car la route n’est plus praticable.
Nous remettons cap au nord, repassons par Vahti et, après une délicieuse baignade dans une eau transparente au détour de la route, nous faisons notre pause déjeuner dans le magnifique village de Stavros. Ici dit-on, se trouvait le palais du roi Ulysse bien que sa localisation soit sujette à controverse.
Le retour se fait par l’intérieur et notre Piaggio nous emmène jusqu’à près de 700 m d’altitude, à Anogi qui est l’ancienne capitale de l’île. Aujourd’hui, ce petit village, où beaucoup de maisons sont en ruines, est complètement endormi et nous parlons à voix basse de peur de réveiller les habitants… Il est vrai qu’à 15 h, tout le monde fait la sieste … sauf les fous de touristes !!!
Mais nous voulons rejoindre notre bord assez tôt car la brise devrait vivement se faire sentir en fin de journée… Et les bateaux de location menacent !
Le lendemain après-midi, le vent devient fou et souffle en rafales à 30 nœuds et plus … Vers 17h, notre brave ancre qui n’avait jamais failli, décroche et Algieba s’en va doucement . Heureusement que nous sommes à bord, Je m’en rends compte aussitôt et nous refaisons une nouvelle manœuvre de mouillage avec une longueur de chaîne plus importante car il y a peu de bateaux à ce moment (35 mètres pour 3,50mètres d’eau … Les connaisseurs apprécieront !).



26 aout – Vahti – Kioni - 6 milles

La jolie petite anse de Kioni s’ouvre à nous en fin de matinée après une courte navigation au moteur. Nous trouvons facilement une place cul aux rochers après une savante manœuvre pour mettre les amarres à terre !
Il y a peu de bateaux à cet instant mais cela va changer en peu de temps.
Le petit port est plein dès le milieu d’après-midi et les retardataires ne trouvent pas de place. L’endroit est très mignon et extrêmement bien protégé du vent dominant de Nord-Ouest, il offre également la possibilité de randonner dans la montagne, ce que nous faisons le lendemain matin, profitant d’une température encore douce pour escalader les chemins muletiers courant parmi les oliviers, les vignes puis les forêts de chênes verts et nous faisant découvrir de superbes panoramas sur les îles environnantes.
Il n’y a pas âme qui vive sur ces chemins, sinon quelques biquettes.

28 août – Kioni- Fiskardo (île de Céphalonie) – 10 milles

Nous quittons Ithaque pour Céphalonie, sa grande voisine et nous arrêtons dans le petit port de Fiskardo. Là encore, amarrage cul aux rochers mais la manœuvre est rendue plus difficile par le vent traversier. Comme il faut faire vite, je me jette à l’eau avec l’amarre et nage vigoureusement vers les rochers .
Gasp ! Le bateau tourne déjà et il me manque 2 mètres d’amarre ! Heureusement , un Hollandais déjà sur place arrive à la rescousse avec son annexe et nous parvenons à amarrer Algieba qui est allé tutoyer son voisin (assez éloigné) mais pas de dommages !
La prochaine fois, je me promets de prendre une amarre très longue !!!
Nous sommes bien installés dans cet endroit tranquille, perturbé seulement par le passage de quelques ferries.
Le village de Fiskardo ( le seul de l’île à avoir été épargné par le séisme de 1953) est plutôt joli et agréable mais très touristique. Il est célèbre pour le passage de stars du show-biz et autres milliardaires… De gros yachts y sont amarrés.
Le lendemain, un voilier Français vient s’amarrer près de nous et rencontre bien des difficultés pour réussir son amarrage. Revanche de la veille, je vais les aider à porter leurs amarres. Du coup, nous sympathisons avec Dominique et Nicole qui voyagent à bord de Houbibi, un solide Nordship construit au Danemark.

30 août – Fizkardo – Eufimia – 12 milles

Nous empruntons le chenal d’Ithaque qui sépare Céphalonie de Ithaque. Ce bras de mer ,large de quelques milles est réputé très venté, mais ce matin une gentille petite brise nous pousse tranquillement et nous mettons trois petites heures pour rejoindre Eufimia.
Ce village est niché au fond d’une petite baie, à l’ouvert d’une vallée, aussi un fort courant d’air (20 nœuds) nous accueille et le mouillage est rendu difficile avec ce vent et de plus, le fond y est de mauvaise tenue. Nous devons donc nous y reprendre à trois fois pour bien crocher l’ancre.
En compagnie de Dominique et Nicole, nous ne faisons qu’une courte visite à ce village agréable mais sans grand caractère.
En fin d’après-midi, les inévitables bateaux de location arrivent en masse et envahissent le quai, heureusement nous en sommes assez loin !


31 août – Eufimia – Messolonghi - 43 milles

Retour à notre marina d’hivernage pour y récupérer les papiers du bateau et refaire de l’avitaillement avant de repartir pour les iles ou le golfe de Corinthe. Il y a eu une averse ce matin, c’est la première pluie que nous voyons depuis la mi-juin.

A bientôt pour de nouvelles aventures.

vendredi 6 août 2010

Arrivée en Grèce- De Corfou à Lefkas

Lundi 19 juillet – Molfetta –Bari -14 milles

Nous faisons une halte au CUS Bari, petite marina sympa et peu chère dans le grand port de Bari. Il fait très chaud … Nous y resterons 3 jours.

Jeudi 22 juillet – Bari – Ile de Corfou ( GRECE) – 173 milles

Nous étions partis de bon matin pour Brindisi et puis … après relecture de la météo pour les jours à venir, je pense qu’il est préférable de profiter d’un créneau qui se présente. Aussi décidons-nous de traverser dès aujourd’hui vers Corfou après avoir longé la côte Italienne.
C’est en début de nuit que nous commençons à nous éloigner de la côte, nous sommes à la voile depuis le départ avec un vent portant plutôt faible (5 à 9 nœuds) mais un courant qui nous aide bien.
Vers 23h, nous sommes surpris par une petite vedette rapide qui arrive sur nous tous feux éteints … Soudain de puissants projecteurs s’allument et s’attardent sur nous ! Ce sont les garde-côtes Italiens qui patrouillent. Ils repartent comme ils sont venus.
Le vent tombe, nous mettons au moteur … et commencent les quarts. Je prends le second vers 0h30 et aussitôt je remets à la voile car le vent est revenu et souffle à 15 nœuds. Il oscillera toute la nuit entre 15 et 20 nœuds, nous permettant d’avancer à bonne allure puis il forcit à 25 nœuds au matin quand nous arrivons à une vingtaine de milles de la première île Grecque : Othonoi.
Nous distinguons cette petite île montagneuse dans la brume et pensons y faire escale car il y a un petit abri. Quand nous passons à proximité, nous constatons qu’il y a déjà pas mal de bateaux dans cet endroit exigu… Le vent avoisine les 30 nœuds (portant) et nous ne sommes plus à quelques heures près, aussi poursuivons-nous notre route jusqu’à l’ile de Corfou.
A 14 heures, nous arrivons à l’entrée de Ayou Stefanos où nous avons l’intention de mouiller. Les 173 milles ont été parcourus presque entièrement à la voile en 32 heures, à la moyenne de 5,5 nœuds.
Il y a déjà quelques bateaux au mouillage dont un ketch bleu marine qui ressemble furieusement à Dam’Marine … un zodiac s’en détache, c’est Loulou qui a reconnu notre bateau.
Quelques encablures plus loin, c’est Golden Dawn de Liz et Julian qui est là … Des retrouvailles ! C’est avec grand plaisir que nous retrouvons tous ces amis.
Comme nous sommes en pleine période de vacances, le mouillage est encombré, le vent montant à force 4 et la tenue moyenne par endroits, plusieurs bateaux chassent et s’en vont tout doucement, leurs propriétaires étant à terre. Heureusement, Loulou veille et en récupérera deux avec l’aide d’autres plaisanciers. L’un des propriétaires (un Sud-Africain) lui offrira d’ailleurs une bouteille de vin bien méritée.
Le lendemain, ce sera le bouquet avec de nombreux bateaux de location qui viennent s’ajouter à ceux déjà présents, cela devient un vrai parking, heureusement que le temps est calme mais il faut veiller au grain ! La petite anse est bordée de bars-restaurants (les fameuses tavernas) et le coin est animé.
Le dimanche, c’est un force 6 qui balaie la baie l’après-midi… De nombreux bateaux dérapent puis finissent par rejoindre le port voisin de Gouvia. Il ne restera que cinq bateaux le soir !
Le lundi, Algieba est le seul bateau au mouillage, nous goûtons le calme ! Une bonne ballade à pied nous emmènera sur la côte nord de l’île, traversant une région à fort relief qui est un parc naturel et dont la végétation est exubérante … Ici, les oliviers sont géants et la verdure digne de la Bretagne. Il paraît que la pluviosité hivernale y est très élevée !


Mardi 27 juillet – Ayou Stefanos – Gouvia – 9 milles

Après une tentative à la voile, c’est au moteur que nous rejoignons la marina de Gouvia distante de seulement 9 milles. Nous séjournerons 2 jours dans cette grande marina internationale, ce qui nous permettra de prendre le bus pour visiter tranquillement la ville de Corfou.
Cette cité a énormément de charme, et dès que nous nous éloignons des lieux fréquentés par la foule des touristes et les marchands, nous découvrons des petites rues tranquilles, des places minuscules où il fait bon s’arrêter à l’ombre de quelques oliviers.

Il y a aussi bien sûr les deux citadelles, les palais des gouverneurs Anglais , le vieux port , de nombreuses églises orthodoxes , des clochetons de couleur et bien d’autres édifices dignes d’intérêt . Il y a même un terrain de cricket, influence Anglaise oblige !
Nous avons aimé Corfou et ses couleurs ocre.

La difficulté est quand même de se repérer dans ce dédale, car le nom des rues est écrit en alphabet Grec , pas forcément facile à décoder…
Le jeudi 29, nous sortons de la marina pour nous installer au mouillage voisin, dans la jolie baie de Komenno malheureusement exposée au trafic des skis nautiques et au passage des innombrables bateaux entrant et sortant de la marina.
L’après-midi, nous laissons l’annexe près d’une petite chapelle située sur une minuscule presqu’île et partons à pied. La baie de Komenno est entourée de luxueuses villas nichées dans les bois et bordées de magnifiques jardins. La chaleur est pesante et nous cherchons l’ombre.
Nous découvrons un petit chemin qui s’en va dans la colline … Il y a une ferme avec canards, dindons, pintades et … des vignes qui poussent le long du grillage. Nous nous régalons de ce délicieux raisin sucré !

Vendredi 30 juillet – Gouvia- Petriti 15 milles

Ce matin, nous prenons la direction du sud de l’île de Corfou par temps calme, absolument sans vent. C’est donc au moteur que nous rejoignons le mouillage situé devant le village de Petriti. Ce mouillage est calme et un peu rouleur par instants car il est très ouvert vers le large mais abrité des vents dominants de Nord-Ouest.
En débarquant, nous découvrons le petit port de pêche où sont alignés quelques beaux chalutiers. Le village s’étale en longueur ainsi que sur les hauteurs avoisinantes. Une bonne promenade à pied en fin d’après-midi, quelquefois en cherchant l’ombre, nous permet d’explorer ce village un peu endormi ainsi que ses environs.
Comme dans beaucoup d’endroits sur Corfou, la végétation est généreuse, belles oliveraies, beaux potagers … Les gens du pays qui vaquent à leurs occupations nous saluent, ils sont gentils et souriants. Certains nous proposent même de prendre du raisin ou des petites prunes. Il y a très peu de touristes mais des étrangers se sont installés dans cet endroit tranquille et un peu somnolent.

Samedi 31 juillet – Petriti-Baie de Kiriakis ( continent) – 27 milles

Un petit vent de sud virant progressivement à l’Ouest nous permet de faire la plus grande partie du chemin à la voile. La côte est très montagneuse et, après être passés devant le village de Parga , nous ne découvrons l’entrée de la baie de Kiriakis qu’au dernier moment. C’est une vaste échancrure entre les montagnes qui se termine par une plage.

Un camping, niché dans les oliviers, borde une partie de la plage, le reste est occupé par des bars et restaurants, ne laissant libre que le coin Est. Pendant un instant, nous craignons que l’endroit soit bruyant, mais non, nous aurons la tranquillité.
Nous avons mouillé dans le coin Nord-ouest, près des rochers, dans une eau limpide. Un petit catamaran passera la nuit puis s’en ira le lendemain, nous laissant seuls au mouillage, bercés par un petit roulis. Nous passerons ici un dimanche tranquille, regrettant quand même l’absence de chemins pour la promenade.

Lundi 2 août – Kiriakis – Vonitsa (Golfe d’Amvrakia) – 37 milles

L’ancre est virée vers 10h30 et nous faisons route au moteur en attendant la brise. Celle-ci se manifeste vers midi et ira crescendo durant l’après-midi. Le 39è parallèle est de nouveau franchi aujourd’hui en direction du sud tandis qu’Algieba commence à s’animer avec la brise.
Nous nous présentons à l’entrée du chenal de Preveza vers 15h alors que le vent d’Ouest souffle à 15 nœuds, faisant moutonner la mer sous l’influence du courant.
Nous remontons cet étroit chenal à la voile et débouchons dans le golfe d’Amvrakia , toujours vent arrière et filons vers Vonitsa où nous trouvons un bon abri en mouillant sur un haut-fond de sable.
L’endroit est très tranquille, à peine troublé par un ou deux vieux pêcheurs en barque qui viennent poser leurs filets et ne manquent pas de nous saluer.
Nous prenons l’annexe pour rejoindre la petite ville de Vonitsa située à 1 mille au sud, le moteur ratatouille un peu mais nous emmène sans problèmes. C’est une ville sans grand caractère, avec quelques belles maisons mais aussi beaucoup de constructions qui ressemblent un peu à des baraques et des rues rectilignes. Elle est cependant dominée par les ruines d’un imposant fort Vénitien.
Après quelques emplettes auprès de commerçants sympathiques, nous prenons le chemin du retour alors que la brise d’ouest commence à se manifester. C’est bien entendu le moment que choisit le moteur pour nous laisser tomber. Nous devons donc rejoindre le bateau à la rame contre le vent et le clapot … Bon exercice !

Mercredi 3 août – Vonitsa-Preveza – 9 milles

Jolie petite nav au près entre les ilôts pour rejoindre un mouillage face à Preveza. Cependant, la forte brise de l’après-midi ne nous permettra pas de quitter le bateau. J’en profite pour ausculter le moteur … diagnostic : Une prise d’air dans la carburation que je n’arrive pas à localiser , je dépanne provisoirement en fabriquant un couvercle percé de quelques trous que je place sur l’entrée d’air de façon à diminuer le débit, ça a l’air de marcher.-

Jeudi 4 août – Preveza- Lefkas – 10 milles

Départ à 8h30 de façon à négocier la délicate entrée du canal de Lefkas sans vent car elle est très étroite et en partie obstruée par un banc de sable. Cela se fera sans problème et nous arrivons juste à l’ouverture du pont routier. En plein milieu du canal, nous croisons Shaka , nous ne pouvons que faire un grand salut à Mareike … Nous nous sommes ratés de peu ! Elle remonte vers Corfou et ensuite la Sicile.
Nous choisissons d’aller à la marina ….
A bientôt pour la suite du voyage.

mardi 20 juillet 2010

La Croatie- suite et fin

Vendredi 2 juillet – Split- Movartiska 14 milles

Après avoir passé une journée à Split , consacrée à un grand nettoyage du bateau , remplissage des réservoirs d’eau etc… Nous repartons vers une petite anse qui a pour nom Movartiska. Elle est située sur l’île Ciovo, à environ 10 milles au Nord-Ouest de Split.
Le vent étant contraire, nous ferons 14 milles pour atteindre cette petite baie entourée de maisons dont la plupart sont des appartements de vacances.
Nous mouillons par 10 mètres sur fond de sable à cet endroit et l’ancre croche aussitôt … 50 mètres de chaîne sont déroulés pour un mouillage serein. Algieba est le seul bateau au mouillage, seul un autre bateau (équipage Tchèque) viendra pour une nuit…
L’endroit, à défaut d’être sauvage, se révèle très tranquille et nous y passerons trois nuits. L’île est étroite à cet endroit et il ne faut pas longtemps à pied pour passer de l’autre côté qui donne sur la grande ville de Trogir.
Ce côté de l’île est moins calme, il y a beaucoup de « plages » de graviers avec des bars bruyants et beaucoup de monde.

Lundi 5 juillet – Movarstika – Vinisce – 8 milles

Courte navigation pour rejoindre la baie de Vinisce et retour au continent. Les vents en ce moment sont à l’ouest l’après-midi et Nord-Est la nuit, nous recherchons donc les criques ouvertes au sud, celle-ci l’est au sud-est et nous convient parfaitement d’autant que l’on peut mouiller par 4 ou 5 mètres, ce qui n’est pas la norme dans la région.
Un seul bateau est au mouillage. Au fond de la baie se trouve le petit village de Vinisce, l’on peut voir de vieilles maisons mais ici aussi ont fleuri les nouvelles constructions destinées à la location. La Croatie sacrifie au tourisme de masse et le besoin va toujours croissant … Les vacanciers ici sont Allemands bien sûr mais il y a aussi abondance de Polonais, Tchèques et aussi quelques Hongrois.
En nous promenant dans la colline sur les arrières du village, nous avons cependant pu admirer des maisons anciennes avec leurs jolis jardins entourés de murets de pierre.

Nous avons aussi grimpé, sous un soleil ardent et par un sentier caillouteux, au sommet d’une colline dominant la baie pour y admirer un superbe paysage, avec vue sur les îles de l’autre côté. Nous y avons retrouvé la nature sauvage, les sauges, romarins, thyms, cystes, genets d’Espagne etc…
Le lendemain nous trouvons un nouveau sentier sur le versant nord, il n’y a absolument personne … ni hommes ni animaux… les nombreuses oliveraies délimitées par des murets sont abandonnées, au loin, par endroits il y a des traces d’incendies. Cependant le paysage, fait de montagnes et de mer avec toutes les îles, est superbe.
Il semble que par ici, les Croates soient un peu moins bourrus. Ils disent plus facilement bonjour et nous parvenons même à échanger quelques mots en Anglais.
Le deuxième jour, le nombre de bateaux au mouillage commence à augmenter … et le troisième, c’est plus de 20 bateaux … la plupart de location. Nous sommes cernés, certains mouillent n’importe comment , c’est l’été !





Jeudi 8 juillet- Vinisce – Stipanska ( Ile de Brac ) – 17 milles

L’ancre est relevée en fin de matinée afin de bénéficier de la brise d’ouest. Celle-ci est au rendez-vous mais s’essoufflera peu avant d’arriver. Nous finirons quand même à la voile dans de tous petits airs.
Un bateau Anglais fait le forcing au moteur pour nous passer devant et entrer avant nous dans la crique de Stipanska ! Nous le laissons faire …
Cette anse, située sur la côte Ouest de Brac est minuscule et étroite, il y a déjà plusieurs bateaux bien installés. Nous allons complètement dans le fond et mouillons l’ancre par moins de 3 mètres sur fond de sable, puis avec l’annexe, je vais porter 2 amarres à terre. Algieba est ainsi bien calé et cette anse est vraiment très abritée et de la brise d’ouest l’après-midi et du vent de nord la nuit.
Nous sommes au calme et au vert parmi les pins dans une superbe lumière et bercés par le chant des cigales. L’eau est limpide et la baignade est un plaisir …
En fin d’après-midi, nous empruntons un chemin qui serpente dans la forêt et nous conduit à une autre baie où se trouve un immense camping à moitié abandonné.
Ici, les oliveraies sont entretenues et les chemins bien propres…
Nous restons une deuxième journée dans ce cadre enchanteur et tranquille et nous allons à pied, toujours par les chemins parfois pentus, sur le nord de l’île dans un petit village mignon (Sutivan) , distant d’environ 5 kms.
Là, nous retrouvons la civilisation et les touristes car des complexes de vacances se sont installés.

Samedi 10 juillet – Stipanska – Vrboska (île de Hvar) – 22 milles

Nous quittons à regret notre petite anse pour nous rendre sur la côte Nord de l’île de Hvar. Ce sera une belle navigation, avec du vent régulier, d’abord au près, puis la brise d’ouest montant à 25 nœuds et nous poussant à bonne allure vers Vrboska où nous prenons un mouillage dans une grande baie à l’entrée.
La brise, très virulente aujourd’hui, nous incite à ne pas quitter le bateau.
Nous resterons ici le lendemain, le village, situé au fond d’un fjord est très mignon, on se dit que l’hiver cela doit être perdu (500 habitants), une église fortifiée a été construite au XVè siècle, suite aux multiples invasions dont a été victime la population.

Lundi 12 juillet- Vrboska – Vis ( île de Vis) – 39 milles

Toute la journée, nous tirons des bords dans le Hvarski canal puis pour doubler la pointe de l’île de Hvar. Le vent, qui a décidé de nous contrarier, tourne en même temps que nous, si bien que nous l’avons toujours pile poil dans le nez.
Il ya beaucoup de voiliers sur l’eau, on voit que les vacances sont bien commencées ! L’après-midi est bien avancé quand nous faisons notre entrée dans Viska Luka, la grande baie au fond de laquelle se trouve le village de Vis.

Un mouillage se trouve devant l’autre petit village (Kut) mais nous trouvons qu’il est bien encombré … Cependant, en se rapprochant de la rive, nous trouvons une bonne place et nous mouillons notre ancre par 9 mètres sur fond de sable et herbes.
Quelques minutes plus tard, un voilier de location avec une dizaine de jeunes à bord, vient mouiller quasiment sur notre ancre … Nous essayons de leur dire que ce n’est pas bon … Ils s’en fichent ! Heureusement, le gars du port vient leur dire d’aller plus loin ouf ! Et il y avait de la place …

Le lendemain, nous sommes réveillés par le chant des cigales … la journée est consacrée à la visite de cet endroit charmant, en commençant par le petit village de Kut et son joli clocher, ses maisons de pierre, ses rues anciennes qui grimpent et ses beaux jardins.
L’après-midi nous conduira à Vis , plus touristique, son port avec son trafic de ferries , où les bateaux de plaisance sont alignés en rang d’oignons, cul à un quai très animé… Mais aussi les arrières du village plus calmes avec également de très belles maisons de pierre blanche.
Nous irons nous promener sur un sentier caillouteux qui domine toute la baie et nous offre une vue magnifique , là il n’y a personne … Sauf les cigales !

Mercredi 14 juillet – Vis – Ubli (île de Lastovo) – 37 milles

Pas de fête nationale pour nous, le cap est mis sur l’île de Lastovo qui a été notre point d’entrée en Croatie et où nous devons faire les formalités de sortie car notre permis expire.
Nous avons choisi de repasser par l’Italie en délaissant le Montenegro qui nous tentait mais nous obligeait à revenir sur Dubrovnik.
En route, nous observons un bateau de pêche, une vigie observe d'en haut et dès qu'un banc de poissons est signalé, le bateau jette ses filets, accélère et encercle le banc.
A Ubli,nous retrouvons donc notre douanier et notre policier, ces deux là plutôt sympathiques, et le butor chef de port … qui ne trouve rien à redire. Nous allons ensuite jeter l’ancre dans une mignonne petite baie voisine pour notre dernière nuit Croate.

Jeudi 15 juillet – Ubli- Vieste (Italie) – 61 milles

Il fait à peine jour quand nous levons l’ancre et ce sera une très belle navigation toute à la voile par vent de Nord-Ouest de 7 à 13 nœuds . Nous mettrons moins de 12 heures pour parcourir les 61 milles.
Arrivée à Vieste en après-midi sous une chaleur étouffante, nous retrouvons avec un certain plaisir la jovialité Italienne après cette période Croate. Les vacanciers sont là, la ville est très animée et il fait bon se promener tard le soir pour profiter d’une relative fraîcheur et déguster une glace !
Nous resterons 2 jours en cette bonne ville de Vieste.

Dimanche 18 juillet – Vieste – Molfetta – 51 milles

Nous avions projeté de nous rendre à Trani, ville réputée pour sa beauté, mais en entrant dans le petit port, on nous fait comprendre qu’il n’y a plus une seule place … Pas d’endroit pour mouiller ici non plus que sur cette côte exposée.
Il est environ 17h30 et nous décidons alors de faire une nav de nuit et d’aller directement à Brindisi distante de quelques 80 milles. La météo annonce des vents de N-W 15 à 20 nœuds en fin de nuit mais pour l’instant, presque rien. Je veux économiser le moteur qui a déjà bien tourné aujourd’hui et nous nous traînons … Et puis le ciel se noircit devant nous, les éclairs commencent à se manifester, aussi changement de plan… Il existe un port de commerce et de pêche un peu plus loin où il est semble-t’il possible de mouiller.
Nous entrons donc un peu plus tard dans le port de Molfetta sous un ciel noir , pas un bateau en vue dans la zone de mouillage entourée de gros blocs de pierre… Nous avançons et entrons dans le port proprement dit, plein de bateaux de pêche. Un voilier est à quai dans le fond et nous décidons d’en faire autant.
Des anciens se précipitent pour saisir nos amarres et nous accostons. C’est la fête, il y a plein de monde et de la musique, le voilier en question est là pour expliquer ce qu’est la voile et repartira peu après. Nous sommes l’attraction, les gens nous demandent d’où on vient, à quoi sert le matériel etc…
C’est bien mais nous ne sommes plus chez nous !
La nuit sera plus calme et personne ne nous demandera quoique ce soit. Nous repartirons le lendemain matin sous l’œil bienveillant de la Guardia Costiera … et un ciel plus serein.

Maintenant, nous nous préparons à rejoindre Brindisi puis ce sera Corfou , un autre pays …

dimanche 4 juillet 2010

Algieba visite la Croatie

13 juin – Vieste – Ubli ( île de Lastovo – Croatie) – 61 milles

Pas de grasse matinée en ce dimanche, c’est à 6h15 que nous entamons cette traversée de l’Adriatique vers la Croatie. La mer est houleuse et le vent pas très bien établi, il varie en force de 4 à 15 nœuds, ce qui nous oblige à utiliser le moteur par instants. Cependant, vers 10 heures, il s’établit Est/Nord-Est et nous faisons alors du près à bonne allure... La visibilité n'est pas très bonne et comme le témoigne la photo du radar , nous sommes parfois entourés de cargos!

Après une courte accalmie aux environs de midi, il forcit et souffle à 15/20 nœuds quand nous arrivons en vue de l’île de Lastovo. Petit à petit, nous distinguons l’entrée de la baie d’Ubli qui offre plusieurs bons abris, tous bien protégés.
Nous optons pour une toute petite baie à l’ouest, la place est comptée car il y a déjà deux bateaux au mouillage et de plus, la profondeur est de 12 à 15 mètres. Autant dire que la place idéale n’est pas facile à trouver et nous devons nous y reprendre à deux fois … A peine l’ancre a-t-elle touché le fond qu’un zodiac vient vers nous … Parc national, il faut y aller du porte-monnaie pour rester là ! C’est l’accueil Croate et ce n’est pas fini !

14 juin – Lastovo – Pomena – 27 milles

Après une nuit paisible dans cet endroit charmant où nous sommes réveillés par le chant des petits oiseaux, nous nous dirigeons vers le petit port d’Ubli situé à quelques encâblures pour y faire les formalités d’entrée dans le pays.
Nous devons nous rendre à la police , à la douane puis à la capitainerie du port pour y obtenir ,moyennant une somme rondelette, un permis de navigation dans les eaux Croates. A cela s’ajoute une taxe de séjour et nous devons finalement débourser 340 euros pour être en règle !
Nous quittons alors l’île de Lastovo pour mettre le cap sur l’île de Mljet distante de 25 milles, que nous atteignons en fin d’après-midi. Nous trouvons un bon mouillage dans une jolie baie entourée de bois à l’ouest de Pomena qui est un centre touristique.
Parc national oblige, un zodiac nous aborde et nous devons encore débourser quelques kunas (monnaie du pays) , mais nous pouvons rester le temps que nous voulons. Nous passerons trois jours agréables dans ce joli décor sauvage et préservé, profitant bien sûr des joies de la baignade.
Le port de Pomena, situé 2 milles plus à l’est est un endroit touristique où débarquent de nombreux touristes ( dont de nombreux Français), nous y allons à pied par des chemins caillouteux pour faire quelques courses.

Jeudi 17 juin – Pomena – zaton - 37 milles

Ce fut encore une journée chaude avec très peu de vent. Nous avons quand même réussi à parcourir la moitié de la route à la voile en longeant d’abord la côte de MLJET puis celle, très montagneuse, du continent Croate. De hautes montagnes boisées de pins tombent directement dans la mer… De temps en temps ,des petites maisons aux toits rouges à l’ouvert d’une petite baie. Le paysage est grandiose.
La baie de Zaton forme une échancrure profonde dans la côte comme un doigt et son ouverture est au Sud, le village possède un tout petit port devant lequel nous jetons l’ancre près d’une chapelle. L’endroit paraît très tranquille.


Vendredi 18 juin – Zaton – Dubrovnik – 5 milles

Réveil en sursaut ce matin à 6 heures , le vent s’est levé subitement et de fortes rafales balaient la baie … Un grand bruit me fait comprendre que l’ancre dérape… puis elle recroche. Nous nous sommes un peu rapprochés de la rive et restons sur le qui-vive. Heureusement, les rafales cessent comme elles sont venues et nous pouvons prendre notre petit déjeuner tranquillement.
Vers 9 heures nous partons et remontons la rivière qui mène à la marina de Dubrovnik et vers midi, nous accueillons nos amis Dominique et Annick à bord d’Algieba.
Le temps est très chaud et orageux … la météo pas très optimiste pour les prochains jours.

Samedi 19 juin au lundi 21 juin – Dubrovnik

Le samedi est consacré à la visite de Dubrovnik, sa vieille ville superbe … et bondée de touristes. Nous flânons dans les rues, admirant les magnifiques édifices et vieilles maisons, empruntant des ruelles faites d’escaliers nous emmenant sur les hauteurs de la ville qui offrent de magnifiques points de vue.
Les rues et les places sont toutes dallées de marbre, marque du riche passé de cette ville.
Suite à la restauration de la ville dont les toits avaient subi de gros dommages pendant la guerre, les tuiles sont neuves et d’un orange vif, ce qui est un peu particulier.
Le lendemain, nous visiterons une autre facette de Dubrovnik, son littoral avec ses maisons résidentielles, ses plages à la mode et aussi énormes hôtels abandonnés … Que de contrastes !
Le lundi, nous partons tout les quatre à bord d’une voiture de location en direction de la presqu’île de Peljesac située à une centaine de kilomètres au nord de Dubrovnik. La première visite est pour Mali Ston , petit village de pêcheurs gardé par un vieux château médiéval puis le village voisin de Ston , plus important. Les deux villages sont reliés par une grande muraille de pierre qui court à travers la montagne.

Nous poursuivons notre route jusqu’à l’extrémité de la presqu’île,la route serpente entre les vignes omniprésentes et nous atteignons le village d’Orebic, d’où nous partons faire une petite randonnée à pied dans la campagne environnante. Depuis la montagnette, la vue sur l’île de Korcula et autres îles environnantes est magnifique… La mer d’un bleu profond !


Mardi 22 juin – Dubrovnik – Zaton

La météo est médiocre, surtout les fins de nuit où il pleut des cordes … Dans la journée ça va mais il y a de bonnes rafales de vent. Aujourd’hui, en milieu de matinée, le vent est passé Nord-Ouest 20-25 nœuds en rafales. Nous décidons donc d’aller nous abriter dans le fond de la baie de Zaton … Avec l’aide du matelot Dominique, c’est un mouillage sur 2 ancres pour être tranquilles, et voilà Algieba bien accroché pour résister aux puissantes rafales qui descendent de la montagne.
Cette baie est vraiment très jolie et tranquille, nous ferons ici de superbes ballades dans la campagne, découvrant de petits villages et une végétation luxuriante.





Jeudi 24 juin – Zaton – Polace (île de Mljet) – 36 milles

Le vent est très irrégulier le matin et souffle par rafales entrecoupées de calmes. Il s’établit ensuite au Nord/Nord-ouest, c’est-à-dire que nous l’avons en pleine face. Nous progressons en tirant des bords et le nouveau matelot, Dominique, se fait les bras en bordant fréquemment le génois !
Nous atteignons finalement Polace dans l’après-midi, c’est une jolie baie nichée dans une large échancrure de la côte Nord-est de Mljet. Elle est boisée et entourée de petites îles qui la protègent du large.
La baignade est de rigueur dans une eau claire et chaude et ensuite une petite visite du village qui est un peu touristique.

Vendredi 25 juin – Polace

Le temps est magnifique et la journée est consacrée à une grande ballade dans le parc national autour de deux lacs salés. Le midi, nous nous offrons un pique-nique dans un site unique, assis sur des bancs face à un magnifique monastère du XVè siècle situé sur une petite île… Grandiose !

La journée est très chaude et après une marche de 25 kms, nous sommes contents de nous jeter tous les quatre à l’eau pour un bon rafraîchissement.

Samedi 26 juin – Polace- île de Badija – 15 milles

Le départ se fait tôt ce matin afin d’éviter d’avoir le vent de face l’après-midi, nous naviguons tantôt à la voile, tantôt au moteur. Arrivés à proximité de Korcula, il nous faut emprunter un chenal parfois étroit qui serpente entre de jolies petites îles et qui nous mène vers notre mouillage de Badija, juste en face d’un magnifique monastère lui aussi du XVè siècle.
L’ancre tombe sur fond de sable par 4 mètres de profondeur, un petit débarcadère pour bateau-taxi se trouve à proximité. Nous projetons d’utiliser ce moyen de locomotion pour nous rendre l’après-midi à Korcula … Mais le vent se renforce en début d’après-midi en virant Ouest, ce qui rend notre mouillage un peu moins abrité et Algieba tire dur sur sa chaîne. Nous remettons donc au lendemain la sortie et partons explorer l’île de Badija à pied.
Cette île, très boisée, abrite un ancien camp de vacances sans doute construit du temps de la Yougoslavie et aujourd’hui abandonné ,un chemin de croix grimpant le long de la colline est en cours de restauration, nous le parcourons jusqu’au calvaire à moitié détruit situé tout en haut.

Dimanche 27 juin – visite de Korcula

Après concertation avec Dominique et Annick, nous décidons de prendre le bateau-taxi pour nous rendre à Korcula … Nous attendons un bon moment, mais il n’arrive pas, fatigués d’attendre, nous décidons de prendre l’annexe et rejoindre un point pas trop éloigné de l’île de Korcula.
Là, nous trouvons un petit endroit idéal pour laisser l’annexe et partons à pied , sac au dos, rejoindre la ville distante de 4 kms environ.
Les rues de la vieille ville sont disposées comme des arêtes de poisson avec une rue centrale où se trouve la cathédrale et des rues adjacentes orientées de façon à atténuer les effets du vent froid d’Est l’hiver et ventiler l’été grâce au mistral dominant.
La maison supposée de Marco Polo se trouve ici… Un petit resto sympathique le midi agrémentera cette agréable visite.

Lundi 28 juin – Badija – Hvar – 41 milles

Encore du vent de face au programme aujourd’hui pour la remontée vers Hvar. Après une navigation au moteur, nous pouvons hisser les voiles et naviguer au près afin de rejoindre Hvar sur un seul bord.
Nous arrivons dans le petit port bondé et nous ne trouvons pas de place pour nous amarrer ni jeter l’ancre.
Nous choisissons alors une jolie petite baie plus au nord où nous passerons une nuit au calme.

Mardi 29 juin – Hvar

Vers 10 heures, nous retournons au port en espérant que des places se soient libérées. Effectivement nous trouvons une place avec amarrage de l’avant sur un corps-mort et deux aussières sur la rive. Après avoir pris le corps-mort (en 2 fois) ,Dominique ira porter les amarres sur la rive avec l’annexe … Manœuvre réussie avec brio !
La mignonne petite ville est pleine de touristes mais vaut la visite avec ses rues en escaliers qui nous emmènent sur les hauteurs jusqu ‘au château dominant la ville et d’où la vue est spectaculaire.
Nous ferons des « affaires » au marché de fruits et légumes où, pour une fois, nous trouverons des Croates sympas.
La nuit ne sera pas tranquille car des groupes de jeunes sortant des boîtes de nuit passent près du bateau et ne sont guère discrets !

Mercredi 30 juin – hvar – Split – 20 milles

Nos amis doivent reprendre le bus à Split pour rejoindre Dubrovnik. Nous rejoignons donc la marina de Split après une jolie navigation à la voile et consacrons l’après-midi à la visite de la vieille ville de Split … Magnifique et bondé de touristes … Décidément, la Croatie !
Un petit restaurant de poissons le soir et c’est la fin de deux semaines agréables en compagnie de Dominique et Annick. C’est avec un petit pincement au cœur que nous les laisserons repartir le lendemain vers la Bretagne.

samedi 12 juin 2010

De Riposto à Vieste en Adriatique


19 au 21 mai – Riposto – visite de Taormina

Encore une fois, le vent (d’ouest cette fois) et l’orage nous obligent à prolonger un peu notre séjour à Riposto. Jeudi 20 fut une journée pourrie, vent et pluie l’après-midi…
Vendredi matin, en regardant par les hublots, quelle ne fut pas notre surprise de voir le sommet de l’Etna couvert de neige !
A cette saison et sous cette latitude, ce n’est quand même pas courant… Puis le vent d’ouest est arrivé, soufflant à 40 nœuds en rafales. Nous avons donc mis à profit l’après-midi pour prendre le bus jusqu’à Taormina distante de 25 kilomètres environ, destination incontournable pour les visiteurs de la Sicile dit-on.
Le parcours en bus nous a permis de constater que la région est extrêmement peuplée. Nous n’avons pour ainsi dire pas quitté les zones urbaines sauf de temps à autre un petit bout de campagne parmi les vallées fertiles et verdoyantes où l’on cultive essentiellement les agrumes mais aussi d’autres fruitiers et des légumes.
Taormina est effectivement une jolie petite cité perchée sur un promontoire rocheux dominant la mer mais … envahie de touristes de toutes nationalités ! Une succession ininterrompue de commerces occupe la rue principale et une rue menant au théâtre Grec .
Nous avons choisi de nous échapper de la foule et de grimper par de petites rues et escaliers jusqu’à proximité du château construit sur un éperon rocheux dominant la ville. Nous avons pu ainsi jouir de panoramas de toute beauté et en toute tranquillité !
Au retour, nous avons emprunté les petites ruelles belles et tranquilles, loin de l’agitation commerciale avec cependant un petit bain de foule pour la fin.

22 mai – Riposto – Taormina – 9 milles

Nous quittons le ponton en début d’après-midi par vent absolument nul. La météo annonce du nord-ouest faible, c’est dire si cette courte navigation va être tranquille. Las, dès que nous avons doublé les jetées de la marina, nous sommes cueillis par une mer confuse et un vent qui souffle à plus de 15 nœuds et de l’est ! Nous devons donc tirer 2 bords difficiles dans cette mauvaise mer, Algieba soulevant des gerbes d’écume.
Je fulmine contre ces météorologues qui, parfois, feraient mieux de changer de métier !
Bon, c’est la loi de la mer et nous n’avons qu’une toute petite route à faire … D’ailleurs, une heure plus tard le vent tombe et c’est à un train de sénateur que nous rejoignons le mouillage au pied de Taormina. La mer est calme, juste un petit roulis mais cette baie est grande ouverte sur le large … et cela ne manque pas, le roulis s’accentue à la tombée de la nuit qui sera pour le moins inconfortable.

23 mai –Taormina – Rocella Ionica – 70 milles

4h50, il fait encore nuit quand nous levons l’ancre pour une route assez longue qui doit nous emmener à Rocella Ionica située sur le sud du continent Italien ( la semelle de la botte). Nous laissons dans notre sillage l’Etna dont le sommet enneigé rosit au lever du soleil … Quelle beauté !
Nous sommes au moteur depuis une demie-heure mais nous arrivons à l’ouvert du détroit de Messine et un courant d’air commence à se faire sentir, nous envoyons donc la toile… Vent de travers 10 nœuds tout d’abord puis ça monte à 15 nœuds, nous filons à 8 nœuds, ça monte encore (20 nœuds) et nous réduisons alors un peu le génois . Algieba est déchaîné et le speedo monte à 9 nœuds, à ce train-là on sera vite arrivés ! Mais les meilleures choses ont une fin et dès le détroit passé, le vent tombe complètement … De nouveau, le ronronnement du Volvo se fait entendre. Nous avons quand même fait 21 milles en 3 heures.
Par la suite nous remettrons à la voile mais la progression sera lente car nous devons affronter 1,5 nœuds de courant contraire.
L’entrée de Rocella Ionica étant réputée délicate, nous finirons au moteur pour ne pas arriver à la nuit. Cette marina, construite vers 2000, a connu de gros problèmes (politico-financiers probablement) et n’a jamais été finalisée… Equipée de magnifiques catways (dont un cassé et jamais réparé), pontons couverts de belles bornes électriques mais sans courant et juste un robinet d’eau par ponton.
Jusqu’à l’année dernière c’était gratuit mais maintenant un homme au costume de général (au demeurant très sympathique) vient percevoir un écot.
Autant dire que beaucoup de voiliers en route pour la Grèce ou l’Adriatique font escale ici, nous aurons l’occasion d’y rencontrer Mareike, une très sympathique skippeuse de nationalité Allemande seule à la barre d’un magnifique Swan 46 qu’elle convoie en Croatie… C’est une sportive ! Elle nous fait visiter ce très beau bateau (classe !) et nous parle de ses projets de charter en Adriatique puis en Grèce.
Elle repartira dès le lendemain matin car son planning est très serré alors que nous, pour cause de pétole cette fois, nous restons encore un jour … peut-être deux ?

24 et 25 mai – Rocella Ionica

Nous sommes bien dans cet endroit et nous en profitons pour visiter le village, très agréable vers le haut et nous grimpons jusqu’au château médiéval par un chemin envahi de hautes herbes. De là-haut, nous avons un superbe point de vue.
Redescendus dans le village par les petites rues pentues, nous faisons la causette avec une commerçante, les gens sont très sympas et nous adressent facilement la parole … Alors on essaie de baragouiner en Italien !

26 mai – Rocella Ionica – Crotone – 63 milles

Départ à 6h45, le vent est nul et nous devons naviguer au moteur jusque vers 11h. Un léger vent de sud-est vient alors et nous hissons les voiles… Pour peu de temps car trois quarts d’heure plus tard il faut remettre le moteur, il fait très chaud dans le cockpit .Le temps de déjeuner puis une brise d’Ouest s’établit et nous faisons route à la voile. Cette brise forcit petit à petit et même carrément , peu avant de doubler le cap Colonne derrière lequel se trouve Crotone. Algieba accélère et nous devons nous faufiler entre deux plate-formes pétrolières pour gagner l’entrée du porto vecchio de Crotone vers 19h.
Là encore, nous devons nous amarrer l’avant au quai, le fort vent de travers nous empêchant de manœuvrer correctement.





27 et 28 mai – Crotone

Nous sommes agréablement surpris par Crotone qui, en plus de son imposant château Aragonais datant du XIIIè siècle et dont la visite est gratuite, possède une vieille ville de toute beauté à l’intérieur d’une ceinture de remparts.
Ce fut un plaisir de flâner dans ces ruelles très étroites et très populaires sentant bon l’Italie du Sud.
Une petite anecdote : Le premier soir, sur un catamaran presque voisin dont les propriétaires sont absents, un chien blanc de bonne taille à tête sympa n’arrête pas d’aboyer ( il m’énerve un peu !) …
Un peu plus tard, je sors pour rentrer la passerelle et j’entends des bruits d’eau et des grognements, le chien est à l’eau et s’épuise car il a une patte prise dans une amarre dont il ne peut se défaire. Je monte sur le cata, je parviens à attraper le collier du chien et, non sans mal, à libérer la patte, puis je le remonte à bord.
Le lendemain, je raconte cela aux propriétaires et le midi, la dame m’offre une bonne bouteille de vin de Ciro Marina (pays voisin) !

29 mai – Crotone – Santa Maria de Leuca – 72 milles

C’est encore une longue navigation qui nous attend car nous devons traverser le golfe de Tarente et probablement avec peu de vent. Nous partons à 5h45 et cette traversée se révèlera longue et ennuyeuse. L’après-midi, nous ferons quand même quelques heures de voile tranquille.
Nous arrivons à santa Maria de Leuca vers 20h, il n’y a personne pour nous accueillir mais les voisins Anglais nous aident à amarrer le bateau, du coup, la nuit sera gratuite …

30 mai et 1er juin – Santa Maria de Leuca

Le vent s’est établi au nord et sera fort durant la journée du 1er juin, nous interdisant la remontée du canal d’Ottrante pour entrer en Adriatique . Nous en profiterons pour visiter ce village plutôt sympathique avec d’assez extraordinaires villas en bord de mer nichées dans les pins. Cela fait penser à La Baule … Certaines villas sont très belles et d’autres un peu « rococo » ou « Disney land » .
Une grande basilique, lieu de pèlerinage, a été érigée sur le cap Leuca ( Finibus Terrae ainsi que le nommaient les Romains ) et on y accède par un immense double escalier de pierre dont la construction a été ordonnée par Mussolini . Les papes se rendent fréquemment en ce lieu.
Ce cap est le point de partage géographique entre la mer Ionienne et la mer Adriatique.

La campagne environnante est digne d’intérêt, ce sont des oliveraies en espalier toutes séparées par des murets de pierres sèches avec de temps en temps, des constructions coniques, en pierres sèches également , qui devaient être d’anciennes habitations.
Ces petites « maisons » ont toutes un petit escalier extérieur qui mène sur le toit.
Nous avons pu emprunter une toute petite route (il y en a peu) bordée de murets de pierre, qui serpente entre les oliveraies et s’élève pour donner un magnifique point de vue sur la mer.
La côte est découpée et offre des multitudes de grottes que les touristes visitent sur de petits bateaux.



2 juin – Santa Maria de Leuca – Brindisi

Une fois de plus, le parcours sera long car nous avons choisi de ne pas nous arrêter à Ottrante où il n’est pas très facile de trouver une place… Mareike y a passé une nuit inconfortable au quai des pêcheurs.
Départ donc à 6 heures du matin et, une fois le cap Leuca doublé, la mer Ionnienne est laissée derrière, place à la mer Adriatique.
Le vent étant absent, nous faisons route au moteur en longeant la côte montagneuse, nous voyons nettement les côtes d’Albanie de l’autre côté. .. Algieba fait toujours du Nord et vers 9h30, le 40è parallèle est de nouveau franchi, dans le sens inverse cette fois. Nous devons affronter un fort courant contraire (2,5 nœuds) qui nous ralentit … Je me dis qu’à ce train-là ce sera difficile d’arriver à Brindisi avant la nuit !
C’était sans compter sur Eole qui fait son apparition vers les 11 heures, venant du sud, et nous permet de hisser les voiles, plein vent arrière. Il forcira rapidement à 12/15 nœuds puis 18/20 nœuds avec rafales dans l’après-midi, en même temps le courant s’atténue.
Nous filons donc bon train en longeant une côte qui devient de plus en plus plate, beaucoup de plages, bars et restaurants dont nous entendons la musique à plusieurs milles.
La navigation est un plaisir, confortable malgré une mer un peu formée. Nous croisons (à distance respectable) de nombreux cargos qui descendent l’Adriatique… Le vent est régulier mais soudain, la grand-voile demande à empanner et ce vent bascule à l’Ouest sans prévenir, attaquant de plus belle !
Cette fois, Brindisi, dont nous apercevons les structures industrielles, se rapproche vite et c’est à 18 heures que nous faisons notre entrée à la voile et au près dans cet immense port, accompagnés par le sifflement du vent.
Nous manœuvrons pour affaler la grand-voile et je suis en train de la ranger quand j’entends mon matelot annoncer 2,50m de profondeur puis 1m … vite demi-tour … puis zéro ! Mais il ne se passe rien, elle a confondu speedo et sondeur ! En fait, nous avions 15 mètres dessous …
Nous allons jusqu’au fond du port, distant de presque 3 milles de l’entrée et trouvons un amarrage à la Lega Navale.

3 juin au 6 juin – Brindisi

La météo est médiocre et il est prévu du vent à 25/30 nœuds de nord, nous décidons de rester quelques jours à Brindisi. Nous sommes bien à la Lega Navale , nous prenons le « treghetto « (bac) pour traverser le petit bras de mer et aller en ville . Le centre historique est agréable, bien restauré, avec une très belle cathédrale, cependant ce n’est pas Syracuse !
Le port est animé, il y a un important trafic de ferries vers l’Albanie, la Grèce et la Turquie . En flânant le long du quai, nous admirons l’élégante silhouette de « RIELA », un grand voilier de luxe ( 56 mètres) . Vous pouvez louer ce magnifique ketch moderne avec son équipage moyennant la modique somme de 220 000 euros pour une semaine !
La lega navale ne nous tolère que 2 jours, il nous faut donc changer de place et nous rendre à la nouvelle marina dont la position est très excentrée, il nous faut cette fois prendre le bus pour nous rendre en ville dont nous sommes éloignés.
Là-bas, nous faisons la connaissance de Roberto, un très sympathique Italien local qui vient bricoler sur son bateau. Il nous offre de délicieuses salades de son jardin … En retour, il aura droit à un far Breton de fabrication maison !
Il voudrait que nous nous arrêtions à Villanova, petit port au pied de sa ville (Ostuni) mais, vu l’exiguité du port, la difficulté à trouver une place et le prix demandé, nous y renonçons… Dommage !

8 juin – Brindisi- Bari - 66 milles

C’est donc vers la grande ville de Bari que nous nous dirigeons.
Départ à 6h15 avec un soleil déjà bien présent et une mer calme, trop calme ! En effet, nous ferons l’essentiel de la route au moteur en suivant une côte avec un peu de relief où brillent les plastiques des cultures maraichères.
Nous nous rendons dans le grand port de commerce où, dans un coin, se trouve un petit club nautique au sein d’un grand complexe sportif. La ville est à 4 kilomètres, nous nous y rendrons à pied le lendemain .
Cette grande ville (600 000 habitants) est constituée d’une vieille cité fortifiée avec des remparts et un imposant château, et d’une ville nouvelle qui s’est développée autour. Elle possède deux ports : le petit Porto Vecchio au sud, qui est le port d’origine et l’énorme Porto Nuovo au nord, qui accueille l’important trafic de cargos et ferries.
La partie vieille ville est bien sûr très belle et parfaitement restaurée, on se perd dans le dédale des rues à arcades et des petites places. La pierre calcaire fait les édifices très blancs … Ce fut une visite agréable, nous y avons rencontré une Française en voyage et fait la causette un petit instant.

10 juin – Bari-Vieste – 56 milles

Le départ est un peu moins matinal (6h45), et le soleil est déjà haut. La météo nous annonce du vent de sud-est fraichissant en cours de journée à 17/18 nœuds voire 20 nœuds le soir sur Vieste.. Effectivement, en milieu de matinée, nous commençons à avoir du vent et vers midi, il est établi à 15/17 nœuds.
L’allure est au grand largue et nous marchons bien, la côte est perdue de vue car nous traversons une sorte de golfe, Vieste se situant sur l’ergot de la botte Italienne, cet ergot n’étant autre que l’imposant cap Gargano.
En cours d’après-midi, le vent cesse d’un seul coup, nous laissant voiles claquantes et bateau roulant sur une mer inconfortable… Le brave Volvo est donc remis en route à regret …
Un peu avant 18 heures, nous passons devant la petite ville de Vieste perchée sur son rocher et faisons le tour de l’île Santa Eufemia avant d’entrer dans le petit port.
La mer est remuante en cet endroit et je pense que par vent fort de Nord, ça doit cogner ici … Le cap Gargano est un cap costaud !

11 au … juin – Vieste

Nous restons ici quelques jours , d’autant qu’il y a un anniversaire à fêter, avant d’entreprendre la (petite) traversée vers l’île de Lastovo en Croatie . Ce sera la fin de l’épisode Italien qui aura duré un certain temps … En effet, nous sommes en Italie depuis fin juillet de l’année dernière ! Nous avons beaucoup aimé.
La ville de Vieste est très animée, la partie ancienne a été entièrement restaurée et est touristique quoiqu’en ce moment les touristes soient assez peu nombreux. Comme d’habitude, c’est un labyrinthe de ruelles étroites, si étroites que les balcons se touchent presque . Il vaut mieux être en bons termes avec son vis-à-vis ! De temps en temps, au coin d’une rue, une jolie vue sur la mer. Les falaises calcaires bordant le rivage sont d’une blancheur éblouissante … Bref, une bien belle petite cité.
Dans une semaine, nos amis Bainsois Dominique et Annick, viennent nous rejoindre à Dubrovnik. Nous avons hâte de les voir …

jeudi 20 mai 2010

De Marsala à Riposto

Bonjour à tous,

Notre séjour en Sicile touche à sa fin et nous nous préparons à rejoindre le continent Italien, en voici un petit résumé:

21 au 25 avril 2010 – Marsala

Nous avons subi un bon coup de Scirocco durant 3 jours, avec un temps gris et parfois un peu de pluie et aussi parfois des rayons de soleil. Nous en avons profité pour visiter cette ville agréable comme je l’ai déjà dit. Le « Centro storico » est particulièrement intéressant, avec ses petites rues étroites, une magnifique cathédrale, des palais, des églises, des vieilles façades et des vestiges du riche passé à tous les coins de rues.
Marsala fut ainsi nommée par les Arabes « Marsa Allah » qui signifie le Port de Dieu. Son histoire est bien sûr très riche avec des invasions successives : Phéniciens, Grecs, Romains, Carthaginois, Arabes et même Normands … Son vin liquoreux est célèbre dans le monde entier, il fut connu grâce à John Woodhouse, un Anglais qui découvrit ce vin et le commercialisa vers l’Angleterre … Sacrés Anglais !


26 avril 2010 – Marsala – Mazarra del Vallo – 16 milles

Nous avons pris l’option de longer la côte sud de la Sicile, aujourd’hui, c’est une courte navigation par bon vent portant. Ce vent s’est bien renforcé en cours de route et c’est avec plus de 25 nœuds que nous entrons dans le port de Mazarra rempli de chalutiers et bateaux de pêche de toutes sortes. Il y a quelques pontons pour la plaisance sur tribord en entrant et, tandis que nous cherchons une place, un marinero nous fait de grands signes, il est efficace et nous aidera à tirer sur les pendilles, ce qui n’est pas facile avec ce vent.

Nous resterons le lendemain pour visiter cette petite ville marquée par une très forte influence Arabe. La vieille ville, avec ses rues étroites et tortueuses, a des allures de Médina. Nous pouvons y voir beaucoup de petites échoppes et nous avons même pu admirer un tailleur (de vêtements) au travail.
Par ailleurs, la cathédrale, dont les plafonds sont peints, est admirable et les églises, toutes aussi belles avec leurs clochers ornés de céramique ou de fer forgé, sont légion.

28 avril 2010 – Mazarra del Vallo – Sciacca – 30 milles

Nous quittons Mazarra en milieu de matinée par vent faible de sud/sud-est, cependant nous pouvons naviguer à la voile au près –bon plein. Avec 5 nœuds de vent, Algieba fait 4 nœuds, ce qui fait notre bonheur, d’autant que le soleil est radieux. Vers 13h, j’ai un contact avec un radio-amateur de Nantes et nous restons à discuter une bonne demi-heure, il me dit qu’il fait super beau là-bas … Tant mieux, il y en a pour tout le monde !
Mais plus tard, le vent tourne à l’ouest, environ 15 nœuds, nous filons vent arrière et le ciel prend une teinte noirâtre, l’orage menace … Cependant, il ne se déclenchera pas et nous arrivons, secs, à Sciacca. Ce fut une belle navigation, entièrement à la voile !

29 avril au 5 mai Sciacca – visite d’Agrigento

Nous avons l’intention de rester plusieurs jours à Sciacca car c’est une très belle ville, très escarpée et riche en monuments. C’est une ancienne place fortifiée et la ceinture de remparts est encore présente, les portes qui donnaient accès à la ville sont encore en bon état.
Comme dans beaucoup de villes Siciliennes, les églises sont nombreuses, ainsi que les petits commerces installés dans les ruelles en forte pente.
Les rues principales se nomment Via et les ruelles Vicolo, nous remarquons beaucoup de ce qui semble être une ruelle mais qui se termine en cul de sac par une cour intérieure, ce sont les « cortile », parfois très beaux mais aussi parfois très dégradés.
Le dimanche après-midi, sur une petite place située en haut de la ville, nous avons pris plaisir à nous asseoir sur un banc et observer les anciens qui se rassemblent dans une atmosphère de calme et de temps qui semble arrêté. Certains nous adressent la parole mais nous avons bien du mal à comprendre surtout qu’ils sont parfois édentés !
Lundi 3 mai, nous avons pris le bus pour nous rendre à Agrigento, l’ancienne Akragas, cité Grecque fondée en 581 avant JC, où l’on peut admirer la Vallée des Temples dont certains sont encore bien conservés, à l’image du temple de la Concorde. On peut y admirer les restes d’une civilisation très prospère et très organisée.
Tous ces vestiges sont situés sur une arête rocheuse dominant une vallée verdoyante allant jusqu’à la mer. Il y a bien sûr de nombreux troupeaux de touristes de toutes nationalités qui arpentent les roches, précédés par un guide… D’autres ont leur oreille collée à une espèce d’appareil qui doit leur servir de guide …Vu la température, l’oreille doit vite chauffer !
La ville d’Agrigento, située un peu plus haut est plaisante mais elle s’est développée et de nombreux immeubles ont fait leur apparition.
Alors que nous pensions pouvoir repartir, le baromètre baisse rapidement et le scirocco refait son apparition , 40 nœuds dans la nuit de lundi à mardi et autant la matinée suivante … Algieba tire fort sur ses amarres, cela promet en plus une belle houle pour les jours à venir !

6 Mai – Sciacca – Licata 52 milles

Ce fut encore une belle navigation … Partis sans vent, celui-ci a commencé à se manifester 1 heure après notre départ. Tout d’abord un léger zéphyr de sud nous permettant de naviguer tranquillement au près-bon plein puis il s’est renforcé graduellement tout en basculant à l’ouest, nous filâmes donc plein vent arrière.
Bien sûr, la mer s’est formée mais la navigation est restée agréable, le bateau filant à 7/8 nœuds par 15/18 nœuds de vent sur une mer qui commence à se parsemer de taches blanches. Cette mer couleur de jade contrastant agréablement avec la côte montagneuse et plutôt pelée de ce coin de Sud Sicile. Vers 16h, l’anémomètre est grimpé à 20/25 nœuds et déjà, nous avions Licata en vue.
Nous sommes entrés dans ce grand port industriel, cherchant un coin pour s’y mettre… Ayant remarqué une espèce de ponton où il y avait quelques bateaux de plaisance, nous nous sommes approchés… Pas un chat dans le coin ! Nous décidons donc de nous mettre à couple d’un bateau à moteur pour étudier les moyens d’amarrage qui nous paraissent compliqués. La manœuvre est rendue difficile par le fort vent de travers mais nous y parvenons.
Installation de la passerelle pour rejoindre le ponton qui est sur pilotis et il faut s’amarrer sur 4 corps-morts... Cela nous parait fort compliqué d’autant que nous avons du mal à localiser les pendilles. Pour l’avant, ça va… Mais pour l’arrière, je ne trouve qu’une misérable pendille qui est reliée à une amarre me paraissant de bien faible section et que j’ai bien du mal à attraper… Le vent devant faiblir la nuit, nous décidons de rester comme cela et la nuit se passe bien quoique le clapot nous ait quelque peu gênés ! … Mais ce fut gratuit.

7 mai – Licata – Marina di Ragusa – 36 milles

La marina où nous projetons d’aller est réputée fort onéreuse mais nous n’avons pas tellement le choix, les escales possibles étant plutôt rares. Nous quittons les cargos de Licata sans trop de regrets par beau temps et vent faible. Nous alternerons voile et moteur et profiterons d’une navigation calme ( bronzette …) agrémentée par la visite de quelques dauphins.
Nous coupons au plus court le grand golfe de Gela, autre port industriel et pétrolier et nous nous rapprochons d’une côte plus plate, couverte par endroits de serres dont nous voyons briller les plastiques. Nous n’avons pas vu une seule plage depuis Sciacca … Nous sommes maintenant sous le 37è parallele , par 36°59 de latitude... L'Afrique est tout près.
Une fois doublée la Punta Secca , nous apercevons les jetées de la marina . Nous sommes accueillis par un marinero en zodiac( très sympathique) qui nous conduit à une place. Il n’y a pas beaucoup de bateaux dans cette grande marina toute neuve !
Amarrage impeccable … Il n’y a pas un quart d’heure que nous y sommes que voilà le scirocco qui se lève brutalement. Nous nous rendons vite compte que Algieba se met en travers et son arrière flirte avec le ponton.
Bien sûr, impossible de tirer sur les amarres de corps-mort avec ce vent … Je fais une tentative au winch mais ce n’est pas suffisant car la position des amarres ne permet pas de tirer correctement.
Nous faisons donc appel aux marineros et avec l’aide du zodiac qui pousse le nez du bateau, nous pouvons reprendre un autre corps- mort plus éloigné … et ça va mieux ! Par sécurité, nous ajoutons une troisième amarre reliée à un autre corps-mort … Je suis éreinté !
Bonne surprise, la note étant beaucoup moins salée que prévu, nous nous accorderons une deuxième nuit, ce qui nous laissera le temps de visiter Ragusa distante de 25 kms.
Un petit tour de bus qui nous permet de constater que la région est très agricole, nous voyons de grandes fermes, des parcelles cultivées toutes délimitées par des murets de pierre ,des troupeaux de vaches etc…

Nous ne serons pas déçus par cette ville perchée sur le flanc d’une vallée verdoyante où nous pouvons flâner tranquillement dans les vieux quartiers et admirer (encore !) les beaux édifices anciens et goûter une atmosphère d’un autre temps.

9 mai – Marina di Ragusa – Pozzallo - 23 milles

Petite navigation cool au vent arrière entièrement à la voile mais, encore une fois, arrivée sportive dans le grand port industriel de Pozzallo. Le vent a fraichi d’un seul coup, passant de 9/10 nœuds à plus de 20 nœuds alors que nous étions de bonne heure (15h). Il faut aller complètement dans le fond du port où il y a 2 petits pontons que nous ne voyons pas , nous allons donc nous amarrer sur un ponton qui sert en fait pour la mise à terre des bateaux … Nous devons donc déguerpir et aller en face où nous voyons les bateaux des carabinieri, guardia costera etc !
Nous trouvons finalement le bon endroit mais Algieba refuse obstinément d’aller au quai en marche arrière( vent fort traversier), aussi devons-nous mettre l’étrave au quai , ce qui n’est pas pratique pour descendre ! De plus il y a un clapot infernal … et c’est cher !
La ville est quelconque, nous n’y reviendrons pas !




10 mai – Pozzallo – Marzamemi – 22 milles

De nouveau , départ par petite brisette de sud, nous n’allons pas vite au grand largue par 3 ou 4 nœuds de vent , mais nous ne sommes pas pressés… J’en profite pour bricoler à l’intérieur du bateau.
Petit à petit, le vent augmentera, nous permettant de naviguer à allure moyenne. Une fois doublé le cap Passero, qui marque la fin de la côte sud de la Sicile, le vent fraîchit à 20 nœuds tandis que nous passons à une allure travers, nous filons alors à 8 nœuds vers Marzamemi qui se rapproche vite. Nous pensons alors que l’amarrage va être sport, mais non, ce petit port est très bien abrité et la manœuvre se fera en toute tranquillité !

12 mai – Marzamemi – Syracuse

Le vent souffle de l’est modérément mais nous devons tirer plusieurs bords pour remonter vers Syracuse. La côte est plus montagneuse et bordée de plages. Au moment de doubler le cap Murro di Porco, le vent adonne et nous passons comme une fleur ! S’ouvre alors un grand golfe avec, dans le fond, Syracuse la magnifique.
Nous entrons dans une vaste baie, fermée par l’antique île Ortigia et ses remparts , quelques bateaux sont à l’ancre vers le fond et nous les imitons.
Le mouillage est calme et magnifique, avec vue sur la ville fortifiée dans la lumière rose du soleil couchant.

13 mai au 17 mai - Syracuse

Nous restons 2 jours à l’ancre et visitons cette merveilleuse ville pleine de trésors architecturaux. La muse de cette ville se nomme Aretuse. Dans la mythologie, cette nymphe fut transformée en source par Artemise après avoir été séduite par le dieu Alphée … Cependant, Zeus, ému par la douleur d’Alphée, transforma celui-ci en fleuve de façon à ce que les amants puissent se rejoindre…

On peut voir la fontaine d’Aretuse avec ses bouquets de papyrus, cette fontaine d’eau douce est située à quelques mètres de la mer !
Les prévisions météo annonçant un coup de vent, nous choisissons d’aller à la marina où nous serons plus tranquilles. Bien nous en a pris car la nuit suivante fut très agitée et le lendemain matin, plusieurs bateaux restés au mouillage viennent chercher refuge dans la marina, avec grandes difficultés dans les manœuvres d’amarrage. Les vagues passent par-dessus le ponton extérieur !
Cette marina est mal abritée de l’ouest et les bateaux sont quelque peu malmenés, nous pas trop car nous sommes bien à l’intérieur. Vers 13h, les rafales atteignent 40 nœuds, il est impossible d’emprunter le ponton brise-lames pour sortir sans se faire arroser copieusement.
Nous poursuivons notre visite de la ville qui reçoit déjà beaucoup de touristes , le théâtre Grec nous laissera un peu sur notre faim car les gradins de pierre ont été recouverts de planches de bois peintes en gris, certains vieux édifices ont été également recouverts de bois et un plancher moderne recouvre la scène !
Finalement, le coup de vent aura duré trois jours, nous en profitons pour changer les deux batteries de service qui donnent des signes de fatigue.



18mai – Syracuse – Catania -32 milles

Nous sortons de la baie de Syracuse dans le milieu de matinée et naviguons au près par petit vent de nord-est. Vers midi, le vent tourne au sud/sud-ouest et c’est une jolie brise qui va nous pousser vers Catania.
En chemin, nous pouvons observer de petits espadons d’une cinquantaine de centimètres qui font des sauts acrobatiques … Nous mettons la ligne à l’eau mais nous serons encore une fois bredouilles !
Puis le majestueux Etna se profile à l’horizon, son sommet perdu dans les brumes et c’est le port de Catane.
Les bateaux de plaisance se mettent au fond de ce port très vaste qui reçoit cargos et ferries.
La ville est plutôt plaisante une fois franchis les abords du port qui sont sales. Nous faisons une rapide visite qui nous permet d’admirer de beaux édifices ( mairie, palais, églises) bien que les façades soient souvent noircies.
Cette ville a beaucoup souffert, d’abord presque entièrement rasée par une coulée de lave en 1669, un tremblement de terre en 1693 acheva le travail. Elle fut reconstruite en un élégant style XVIII ème et de nombreux blocs de lave furent utilisés.
La ville est très active, que ce soit sur terre (voitures et embouteillages), sur mer (ferries, cargos) ou dans l’air avec l’aéroport international au trafic intense.

19 mai – Catania – Riposto – 20 milles

Nous quittons le port vers 10h, le vent est sensible de sud et se renforce assez rapidement, atteignant 16 nœuds vers 13h. Nous longeons la côte de près, bon vent arrière, sous la domination de l’imposant mont Etna dont nous pouvons voir le sommet encore couvert de plaques de neige. Un bateau militaire escorté de deux hélicoptères fait des exercices et ils nous tournent autour …
Arrivée à Riposto avant 14 h – Grande marina bcbg, chère, et ville au tracé de rues géométrique sans grand intérêt.
Nous devrions traverser à partir d’ici vers le continent Italien mais la météo est encore une fois incertaine et le baromètre baisse ! A suivre …