dimanche 12 juin 2011

De Monemvasia à Khalkis

Bonjour chers amis,

Voici la suite du journal de bord d'Algieba qui nous conduit de Monemvasia (Péloponèse) à Khalkis (Ile d'Eubée).



Mercredi 18 mai – Monemvasia – Leonidhion – 36 milles

Ce matin, le vent est faible, nous longeons la ville close de Monemvasia et avons tout le loisir de l’admirer, éclairée par une belle lumière matinale. Puis le vent rentre … Pas pour longtemps … Et nous avons toutes les peines du monde pour doubler le cap Yerakas . Cependant, le capricieux Eole revient ensuite pour un bon moment et nous faisons bonne route vers notre destination en longeant une côte déserte et inhospitalière.
C’est cependant au moteur que nous entrons dans cette immense et riante baie de Poulithra où l’on devine dans le fond le petit port de Plaka, Leonhidion étant la ville située à 4 kms de là, dans les terres. Un seul voilier se trouve au quai et nous avons toute la place qu’il nous faut.

Jeudi 19 mai au Vendredi 20 mai - Leonhidion

Une vallée fertile s’étend au pied de cette ville et est exclusivement « réservée » à l’agriculture. Ici, chaque pouce de terrain est cultivé, les maisons n’ont pas de pelouse, les cultures arrivant au ras des murs.
Orangeraies et oliveraies bien sûr mais aussi courgettes, melons, tomates, aubergines, salades, petits pois, haricots et j’en passe. Le tourisme n’est pas développé et les gens sont très gentils.
Le premier après-midi, nous empruntons à pied une petite route de campagne serpentant entre les champs cultivés et les petites fermes pour nous rendre à Leonidhion. Nous avions fait 1 km environ lorsqu’une vieille BM s’arrête, l’homme se propose de nous conduire à la ville … Nous ne faisions pas de stop !
Ancien employé de banque à la retraite, il s’occupe de sa petite ferme et a l’air d’être heureux comme ça.
Leonidhion est une petite ville de 4000 habitants qui domine la vallée débouchant sur la mer, une rivière( à sec) la coupe en deux et derrière, c’est immédiatement la montagne.
Le lendemain, alors que nous retournions à la ville, la même voiture s’arrête … Notre homme, Anastas, est tout content de nous emmener à nouveau !

Samedi 21 mai – Leonhidion – Nafplio ( Nauplie) – 30 milles

Ce fut une navigation tranquille dans le golfe d’Argolie, le moteur fut peu mis à contribution malgré un vent anémique … Nous mîmes 9 heures pour parcourir 30 milles soit 3,3 nœuds de moyenne ! Pas rapide me direz-vous … Qu’importe, nous arrivons à Nauplie et son grand port gardé par le pittoresque petit fort implanté sur un îlot.
Là, nous devons mouiller l’ancre et reculer au quai où sont déjà amarrés quelques voiliers … Hélas, l’ancre est mouillée un peu trop loin, l’épissure du câblot ayant du mal à passer dans la poupée du guindeau , il nous manque quelques mètres et nous devons recommencer la manœuvre sous l’œil goguenard de nos futurs voisins !
Je regrette de n’avoir installé que 50 mètres de chaîne d’ancre, en Méditerranée, 70 mètres ne sont pas du luxe.



Dimanche 22 mai au Mardi 24 mai – Nauplie

Nauplie est une très belle ville fortifiée. Elle compte deux forteresses dont la Palamède située sur un promontoire rocheux dominant la ville et accessible par un sentier sinueux en escalier comptant près de 1000 marches et donnant accès à un intéressant panorama sur le golfe d’Argolie.
La vieille ville est très belle mais cependant, le lieu est un peu trop touristique à notre goût. La ville nouvelle, toute plate, avec ses immeubles modernes et moches est beaucoup moins romantique … Mais c’est là que l’on trouve les commerces intéressants !
Nous retrouvons Keith et Angela de « Castor et Pollux » qui s’apprêtent à faire un séjour prolongé ici.

Mercredi 25 mai – Nafplio – Porto Heli – 28 milles

C’est un tout petit vent arrière de 4 à 5 nœuds environ dans le golfe d’Argolie qui nous pousse tout doucement, il faiblira encore à l’heure de midi mais, un petit courant aidant, nous restons à la voile. L’ après-midi, une brise de sud-ouest se manifeste et c’est à l’allure du près serré que nous effectuons la deuxième partie du parcours avec une entrée à la voile dans la grande baie fermée de Port-Heli. Celle-ci est accessible par un chenal de plus d’un mille de long… Nous n’avons aucun mal à trouver une place et l’ancre est mouillée par 3,50 mètres sur fond de sable. Il fait très beau et nous nous savourons avec délices notre premier bain de l’année.
Dans le coin Nord-ouest, de nombreux bateaux sont sur corps-mort et les quais du petit port sont bondés !

Jeudi 26 mai au vendredi 27 mai – Porto Heli

Nous étions venus ici en 1989 au cours d’un petit voyage d’une semaine… Nous avons reconnu l’hôtel où nous étions, mais l’environnement a bien changé, il y avait beaucoup moins de constructions à l’époque… Et aussi beaucoup moins de bateaux ! Cette grande baie est très bien pour le marin car elle offre un excellent abri mais le village est sans grand intérêt, sinon pour y faire quelques provisions.

Samedi 28 mai _ Nafplio – Poros

La sortie de Porto-Heli se fait par bonne brise puis nous longeons l’île de Spetses par vent arrière. Ce sera ensuite Hydra que nous avions aussi visitée en 1989 , nous nous souvenons de son petit port déjà bondé à l’époque ! Observé aux jumelles , il semble toujours aussi plein !… Le vent arrière devenant trop faible, nous devons mettre un peu moteur puis la brise virant au sud-est, le cap de l’ île Skilli que nous devons contourner, sera franchi au près … et de nouveau, le vent arrière forcissant cette fois pour entrer dans l’étroit chenal qui sépare l’île de Poros du continent.
Nous longeons les quais sous grand-voile seule en enchaînant les empannages bien contrôlés par mon matelot puis nous nous dirigeons vers un mouillage qui nous avait été signalé par « Pacific Pearl », en face de l’école navale.
C’est un peu profond ( 10m environ) mais le fond est d’excellente tenue et l’endroit très tranquille, à l’écart de l’agitation urbaine.


Dimanche 29 mai au Lundi 30 mai – Poros

Comme débarcadère, nous choisissons le rivage le plus proche où se trouvent quelques petits pontons sur pilotis. Plus loin, deux ou trois tavernas et de nombreuses barques de pêche puis, après 20 minutes de marche, nous arrivons en ville.
Ce dimanche, il y a beaucoup de place sur les quais nord qui sont payants, nous y rencontrons Paul, un Anglais qui voyage seul sur son cata, nous le connaissions depuis Messolonghi. Il s’en va vers Chypre pour y passer le prochain hiver.
Le chenal séparant la rive sud du continent est très fréquenté, un nombre incalculable de petits passeurs font la navette ainsi qu’un gros ferry. Le plan d’eau est très agité !
Le village, bâti sur la colline, est très pittoresque avec ses rues en escaliers blancs, ses vieilles maisons inaccessibles en voiture, ses venelles abruptes et tortueuses… Beaucoup de fleurs, bougainvillées, rosiers magnifiques, jasmins et autres , c’est un enchantement de se promener dans les quartiers hauts où il y a peu de monde … En prime, de merveilleux panoramas sur la baie.
Changement de décor en bas, des touristes, et le lundi, de nombreux voiliers de location accostent les quais, hier quasi déserts…

Mardi 31 mai – Poros – Lavrion - 36 milles

Vers 8h30, nous quittons la jolie Poros par beau temps calme, un peu de vent de nord se fait sentir et nous mettons à la voile … La pétole arrive 1 heure et demie plus tard et c’est le ronron du Volvo en attendant un peu de brise qui arrive ( faiblement) l’après midi.
Nous traversons le golfe Saronique et pouvons observer les avions qui s’apprêtent à atterrir à l’aéroport d’Athènes.
A l’extrémité nord-est de ce golfe, se trouve le cap Sounion au sommet duquel se dresse le temple de Poseidon, construit en 444 avant JC , il est très bien conservé. Après avoir doublé le cap, c’est le passage entre l’île Makronisi et le continent et nous choisissons de nous arrêter à la marina de Lavrion. Eh oui, nous nous offrons une marina (elles sont rares et chères !) mais nous avons envie de faire une grande toilette à Algieba, faire le plein d’eau … et prendre une vraie douche !
Cette marina est pleine de gros yachts à moteur mais en ce moment, ils sont vides et il n’y a pas grand-monde … Tant mieux !
Cependant, nous avons un gros voisin … Un yacht à moteur d’un modèle ancien piloté par un très sympathique Américain solitaire … Pas du tout le modèle habituel des propriétaires de ce genre d’engins !

Mercredi 1er Juin – Lavrion

La ville éloignée de 2 kms de la marina compte environ 5000 habitants. C’est une ville quelconque mais nous pouvons y faire quelques approvisionnements dont le besoin commençait à se faire sentir. Le port est assez important et peut accueillir des cargos , il y a aussi plusieurs sociétés de location de voiliers basées ici.
Nous faisons une brève rencontre avec un sympathique couple de Vannetais qui voyage en camping car.


Jeudi 2 juin – Lavrion – Baie Animvoriou ( ile d’Eubée )- 32 milles

Nous attaquons le canal d’Eubée au près par vent de nord de 10-12 nœuds, cela marche bien mais nous devons enchainer les virements de bord pour ne pas nous éloigner de notre route car le vent varie en direction. A un moment , nous devons même prendre un ris car ça forcit … pour quelques instants … et on largue le ris !
Nous parvenons à faire ensuite bonne route vers le nord puis l’inévitable pétole de la mi-journée se manifeste, un peu de moteur avant l’arrivée d’une petite brise de sud qui nous conduira doucement vers le calme mouillage d’Animvoriou .
L’ancre est jetée devant une plage par 4 mètres sur fond de sable et posidonies . J’ai pris soin de la planter dans un coin de sable et on peut la voir du bateau car l’eau est transparente.
Nous pouvons savourer un bon bain dans le calme de cette petite baie… L’eau n’est pas encore très chaude mais ça commence à être bon …
Le lendemain matin, nous pouvons observer un berger avec son bourricot, il garde un beau troupeau de biquettes qui font tinter leurs clochettes dans la garrigue.

Vendredi 3 juin – Animvoriou – Panaya ( Baie de Almiropotamos) – 18 milles

Dès la sortie de la baie, le vent de nord-ouest est bien présent et nous devons tirer des bords parmi les nombreux îlots pour remonter. La brise forcissant à 17-18 nœuds, nous prenons un ris pour garder un bateau bien équilibré. Algieba marche bien maisnous faisons de la route supplémentaire, heureusement que l’étape est courte.
L’ entrée de la profonde baie de Almiropotamos se présente avec un vent de 20 nœuds en plein dans le nez… Je préfère démarrer le moteur pour effectuer les 2 milles restants jusqu’au petit village de Panaya .Tandis que nous observons les lieux, un homme nous fait signe de nous amarrer cul au quai et nous aide … C’est le patron de la taverna … pas désintéressé mais sympa !

Samedi 4 juin au Dimanche 5 juin – Panaya

Cette Jolie grande baie est encaissée dans les montagnes et le vent dévale le long des pentes … mais nous sommes très bien abrités et ne le sentons pratiquement pas.
Le pays est tout petit, une taverna et deux bars, quelques commerces quand même pour le dépannage et des marchands ambulants qui passent et se signalent à grand renfort de haut-parleurs.
Il y a bien sûr des bateaux de pêche équipés de gros projecteurs pour la pêche au calamar, de nuit.
Les pêcheurs, apparemment de type Arabe pour beaucoup, sont plutôt sympas.
Samedi, « Plume au vent », un joli Corbin 39 battant pavillon Canadien, accoste le quai à côté de nous. Nous faisons ainsi la connaissance de André et Madeleine, couple de sympathique Québécois.
Nous passerons quelques bons moments en compagnie de nos « cousins ».
C’est aussi un coin à vipères, nous en voyons plusieurs, elles sont noires avec un quadrillage gris sur le dos.

Lundi 6 juin – Panaya – Voufalo – 13 milles

C’est au louvoyage que nous gagnons la minuscule baie de Voufalo, deux voiliers sont au mouillage derrière un petit banc de sable dont « Plume au vent ». Le second s’en va et nous prenons sa place.
L’après-midi est plutôt venté mais la tenue de l’ancre est bonne.



Mardi 7 juin – Voufalo

La petite baie est mignonne et tranquille, la vie y est rythmée par les allées et venues de quelques barques de pêche et par le chant des coqs, nombreux par ici !
Une ballade à pied dans l’intérieur nous fera découvrir une plaine bien verte de l’autre côté de la montagne … garnie d’éoliennes !
L’après-midi sera encore plus venté que le précédent, Algieba tire sur sa chaîne et tourne beaucoup, nous préférons rester au bateau.

Mercredi 8 juin – Voufalo – Khalkis – 30 milles

C’est pétole ce matin et nous louvoyons tout doucement, cherchant le moindre courant d’air ! Et puis une vigoureuse brise s’en vînt et nous poussa vers l’entrée du chenal un peu tortueux de Khalkis. Après le passage d’un grand pont routier, nous débouchâmes dans une baie fermée par un petit pont large d’une trentaine de mètres que nous devrons franchir plus tard. A cet endroit, l’île d’Eubée touche pratiquement le continent.
Les quais sont encombrés de cargos et nous devons mouiller devant un vieux chantier par 9 mètres de fond … Pas terrible !
Nous allons prospecter en annexe au petit yacht-club voisin et là, un Grec super sympa nous offre sa place pour plusieurs jours car il part en ballade… Nous saisissons bien sûr l’aubaine et nous nous installons pour plusieurs jours car le pont n’ouvrira pas avant le mardi suivant, long week-end de la Pentecôte oblige !
Ce pont n’ouvre que la nuit, seulement à l’étale ( difficile à prévoir) à cause du courant violent . Ce sera donc une expédition !!!

vendredi 20 mai 2011

Bonjour à tous,

La route continue … Depuis que nous avons quitté Messolonghi, la façon de voyager a quelque peu changé … Ici, pas de marinas, seulement des petits ports non équipés pour la plaisance, quelquefois un robinet d’eau, jamais d’électricité, souvent un bout de quai pour s’amarrer, entourés de bateaux de pêche. Il y a aussi bien sûr les nombreux mouillages possibles.
Les pêcheurs sont bourrus pour la plupart du temps et nous ignorent, nous sentons que nous sommes tolérés, sans plus.
Le manque d’électricité ne nous affecte pas car nous sommes complètement autonomes, en ce qui concerne l’eau, c’est la corvée de bidons quand nous avons la chance de dégotter un robinet… A Yithion, j’ai ainsi complété le plein des réservoirs avec un bidon de 10 litres et quelques voyages jusqu’au robinet situé à 100 mètres.
La plupart du temps, l’amarrage est gratuit. Officiellement nous devrions payer une taxe de port mais les garde-côtes ne se dérangent pas souvent !

Vendredi 6 mai – Pylos – Koroni – 28 milles

Enfin, nous pouvons repartir. Après un dernier après-midi à Pylos où le vent de Nord-Ouest nous a fait danser le long du quai, les conditions météo se sont améliorées et le calme est revenu.
Ce vendredi, à la sortie de la baie, nous sommes cueillis par une grosse houle de travers qui nous fait rouler. Il n’y a pas de vent et nous naviguons au moteur.
Nous passons devant Methoni et admirons au passage la tour Turque puis nous embouquons le chenal qui sépare l’île Sapentza du continent. Déjà la houle s’estompe et un peu de vent de sud-est se fait sentir …Hardi, hissons les voiles … Deux bords de près dans le golfe de Messénie nous emmènent jusqu’au cap Akrita ( le premier doigt du sud Péloponèse) puis c’est le vent arrière jusqu’à la grande baie de Koroni où nous jetons l’ancre.
Les deux bateaux, SAXO et PARABOLA nous ont précédés. La météo annonçant encore beaucoup de vent pour dimanche, nous décidons de franchir l’impressionnant cap Tainaron ( le 2è doigt) dès le lendemain en partant très tôt.

Samedi 7 mai – Koroni- Yithion - 61 milles

Tôt dans la nuit, le vent a tourné et le mouillage devient inconfortable. Aussi, dès 6 heures, nous levons l’ancre en direction du grand cap Tainaron . Le vent devient nul et c’est la risée Volvo qui nous fait avancer … Moteur à 1500 tours, nous marchons entre 5 et 5,5 nœuds , SAXO et PARABOLA partis plus tard nous rattrapent peu avant le passage du cap que nous franchissons ensemble à 13 heures dans le plus grand calme.
A peine le temps de casser la croûte et les premières risées se font sentir … Vite à la voile !
Parabola ( un Malo 40) s’élance le premier le long de la côte et s’éloigne … Saxo( Moody 380) et Algieba démarrent plus lentement mais, une fois les voiles bien réglées, nous distançons rapidement Saxo . Le vent ne cesse d’augmenter, atteignant par moments 25 nœuds et nous filons à 7-8 nœuds sur Yithion .
Parabola arrivera ¼ heure avant nous mais il a navigué à voiles et moteur et Saxo ¾ heures après. Nous avons mis 3 heures environ pour couvrir les 20 derniers milles.

L’accostage au quai était rendu un peu délicat du fait du vent de travers … Heureusement, nous avions de l’aide ! Peu après, nos amis les garde-côtes sont venus nous convoquer à leur bureau, un jeune sympa et son chef qui s’est mis à faire un peu de zèle, nous réclamant des papiers … et des papiers ! Et cette fois, il faudra payer notre écot …

Dimanche 8 mai au mercredi 11 mai - YITHION

Yithion ou Gythion, située au fond du golfe de Lakonikos , est une jolie petite ville bâtie à flanc de colline, les ruelles y sont étroites et de nombreux escaliers emmènent vers les maisons situées le plus haut. De nombreuses maisons sont restaurées mais dans la partie sud de la ville, il y en a beaucoup en ruines ou presque. La ville moderne et ses nombreux commerces s’est développée en bas sur une partie plate.
Le port est très ouvert à la houle et nous en ferons malheureusement l’amère expérience deux jours durant.
Alea, un bateau en acier battant pavillon Espagnol est aussi à quai et nous ferons la connaissance de Silvia et Johann qui voyagent à bord de leur bateau depuis 3 ans. Ils projettent de rallier les Caraïbes l’hiver prochain.
Bien entendu, nous irons découvrir la jolie campagne à pied, la journée du mardi étant réservée à la visite de Mystras, vieille ville en ruines près de Sparte. Pour ce, nous louons une voiture et nous rendons en ce superbe lieu.
Construite sur une haute colline dominant la ville de Sparte, Mystras est vraiment spectaculaire ! Il faut grimper à pied par des chemins pierreux, plus ou moins pavés par endroits, qui étaient les rues de la ville. On imagine les nombreux bourricots qui devaient circuler ici autrefois .
Tout en cheminant, on peut y admirer les restes de nombreuse églises ou chapelles, des monastères, des palais, ceinturés par les innombrables fenouils en fleurs dressant de grandes touffes jaunes, la nature y étant très sauvage. On atteint ainsi le château fort qui est construit au point culminant de la colline d’où la vue sur la plaine de Sparte est magnifique. Mystras fut édifiée par Guillaume de Villehardouin en 1249. Elle fut reprise ensuite par les Turcs et connut un période de prospérité sous la domination Ottomane et compta jusqu’à 40000 habitants. Ce fut également un centre culturel, certains philosophes Grecs et autres écrivains ou artistes y ayant élu domicile.
Quant à la ville de Sparte, c’est une ville plutôt quelconque, les Spartiates étant trop occupés à faire la guerre pour construire le moindre monument.
Sur le chemin du retour, nous faisons une petite excursion au début du pays Maniote, célèbre pour ses vieux villages aux maisons à tour carrée… Plus la tour était haute, plus la famille était puissante et fortunée.
Nous finirons la journée à Skala, ville d’une région productrice d’agrumes et de légumes. Nous nous rendons chez un marchand pour acheter trois pamplemousses, et nous ressortons de la boutique avec deux sacs pleins de gros pamplemousses et oranges… Ce brave homme n’a pas voulu un centime !






Jeudi 12 Mai – Yithion – Avlemonas ( ile de Cythere)

Un Voyage à Cythère

Mon coeur, comme un oiseau, voltigeait tout joyeux
Et planait librement à l'entour des cordages
Le navire roulait sous un ciel sans nuages
Comme un ange enivré d'un soleil radieux.

Nous rêvions de voir Cythère et si comme le dit Baudelaire notre navire roulait, ce n’était pas sous un ciel sans nuages … Au contraire, une trombe longeait la côte, et le ciel était plutôt couleur d’encre, une bonne houle en plus, et la côte de l’île était toute noire… une épave au milieu des rochers ajoutant une note un peu sinistre. Un peu plus tôt, nous avions dû prendre un ris et réduire le génois , toujours cette trombe générant soudain du vent fort.
Et puis, passé la pointe Nikolaou, le calme est revenu, nous nous dirigeons vers l’entrée du minuscule port d’Avlemonas … Une seule place parmi les petits bateaux de pêche, à l’ancre et à cul sur un tout petit bout de quai, le jeune du bar en face et son copain nous aident à nous amarrer. La météo annonce du vent d’ouest force 6 pour le soir, bien à l’abri dans ce joli endroit, nous ne sentirons rien !

Vendredi 13 mai au samedi 14 mai – Avlemonas

Le lendemain, changement de décor, ciel tout bleu et soleil rayonnant, les montagnes sont parsemées de taches jaunes, sorte de lande rase un peu comme sur nos côtes Bretonnes … Les maisons de ce petit village sont blanches et propres, les jardins fleuris…
Cythère était très peuplée auparavant ( jusqu’à 40 000 habitants) mais les ressources de l’île sont maigres et beaucoup de gens ont émigré vers l’Ausralie principalement. Aujourd’hui, il reste environ 3000 résidents.
L’après-midi nous empruntons un chemin de montagne pour aller jusqu’aux ruines de l’ancien village enfouies dans la végétation. Le chemin continue ensuite et l’on peut voir de nombreuses ruches.
Nous croisons alors un ancien avec son vieux 4*4, il parle Anglais (sans doute un ancien émigrant d’Australie) et nous avertit qu’il y a des abeilles … et que nous sommes sur son chemin ! Bref, il nous conseille gentiment de ne pas continuer.
Nous revenons donc sur la petite route, plus loin nous aurons la chance d’admirer un groupe de superbes oiseaux très colorés. Il s’agit très probablement d’une variété de loriots mais je n’ai pas réussi à déterminer laquelle.
Samedi, le sac sur le dos, nous voilà partis faire de l’auto-stop pour atteindre le sud de l’île et son ancienne capitale, Chora Kithira. Il faut préciser que le nombre de voitures qui circulent est quand même réduit… Nous marchons un moment puis un 4*4 s’arrête, le jeune nous explique que si nous choisissons la route directe, traversant la montagne, nous ne trouverons personne !
Nous nous apprêtons à prendre l’autre route lorsqu’un autre 4*4 nous prend et, coup de chance, il emprunte cette petite route magnifique et impressionnante avec ses ravins et ses superbes panoramas!
Cet homme très sympathique ne parle pas un traître mot d’Anglais mais parvient à nous expliquer un peu son pays, les endroits où nous passons … Il nous laisse à 8 kms environ de notre destination sur une route plus importante, là où un monsieur très cultivé nous emmène 4 kms plus loin… Puis c’est un jeune couple de Thessalonique, en vacances, qui nous conduit à Chora Kythira.
Nous visitons ce village tout blanc aux rues étroites, les touristes ne sont pas encore arrivés et tout est fermé, ce sera donc un pique-nique sur un banc de l’agréable place à l’ombre des orangers et des hibiscus, dans une atmosphère de calme et de paix.
A la sortie du village, nous sommes pris par un très ancien monsieur conduisant une vieille guimbarde, il parle quelques mots d’Italien et nous arrivons à nous comprendre. Il est très fier de son île … Sa conduite est un peu dangereuse et nous faisons de temps en temps des embardées sur le bas-côté de la route.
Finalement, sains et saufs après une ballade dans la campagne, il nous dépose à Fratsia, sur l’autre route qui mène à Avlemonas … Nous aurons ainsi l’occasion de faire la boucle… Et ce sera 12,5 kms à pied car nous avons envie de faire de l’exercice !


Dimanche 15 mai – Avlemonas – Monemvasia – 37 milles

Aujourd’hui, nous devons franchir le redoutable cap Malleas, là où Ulysse fut rejeté loin au large par une tempête. Ce matin, il n’y a pas beaucoup de vent et nous tirons quelques bords carrés, nous éloignant tout doucement de Cythère où nous aurions aimé passer un peu plus de temps.
Puis le vent a augmenté à force 4 et s’est mis à adonner , il s’en est fallu de peu que nous franchissions le cap directement mais il nous a quand même fallu tirer un petit bord parmi 3 cargos ( eh oui, ça circule dans le coin).
Plus tard, le grand rocher de Monemvasia ( le petit Gibraltar) se découpe à l’horizon et nous entrons dans le port de Zefira … Une flottille de location ( la première cette saison) occupe beaucoup de place et nous devons nous mettre à couple d’un bateau Suédois.

Lundi 16 mai au Mardi 17 mai – Monemvasia

Sur le rocher, se trouve l’ancienne ville close de Monemvasia, très pittoresque mais aussi restaurée et touristique. Des escaliers et des chemins abrupts mènent à la plus ancienne partie en ruines ainsi qu’à la vieille citadelle située tout en haut du rocher. Là-haut la vue est superbe … mais le vent souffle en rafales.
De retour au port, nous faisons la causette avec Keith et Angela , sur le catamaran « Castor et Pollux » , ils ont aussi hiverné à Messolonghi et connaissent nos amis Liz et Julian.

A bientôt pour la suite

jeudi 5 mai 2011

Une nouvelle saison de navigation

Bonjour à tous,

Et voilà, c’est reparti pour une nouvelle saison de navigation, d’aventures et de découvertes. Nous avons quitté Messolonghi avec un petit pincement au cœur, quittant une région sympathique ainsi que les amis, anciens et nouveaux.
Certains, tel Dam-Marine sont déjà repartis vers la mer Egée, d’autres, Bruno et Judy de Pacific Pearl, partent en même temps que nous vers des destinations différentes et d’autres encore restent pour quelques temps.
Nous avons aussi une pensée pour Irini et Voula , nos amies de Messolonghi qui nous ont encore fait quelques petits cadeaux avant notre départ … Nous ne les oublierons pas et nous les remercions pour leur extrême gentillesse.

Vendredi 15 avril – Messolonghi – Hora Zakynthos – 43 milles

Ce vendredi matin, le temps qui était très venteux auparavant s’est remis au beau. C’est par vent nul et mer calme que nous embouquons le chenal de sortie de Messolonghi pour ensuite mettre le cap au 209° sur Zakynthos.
Pacific Pearl nous a précédés d’une heure et nous pouvons apercevoir son mât dans le lointain.
Une bonne partie de la route se fera au moteur, faute de vent, puis une toute petite brise de Nord-Ouest se fera sentir et nous mettons à la voile à une quinzaine de milles du but.



Longtemps cette brise se maintiendra à 5/6 nœuds et nous faisons route malgré tout à 3 nœuds, nous approchant doucement de l’île de Zakynthos.
La fin sera plus intéressante avec la brise forcissant légèrement à 10/12 nœuds, nous avons décidé d’aller au port car la météo annonce (encore) un coup de vent d’Est à venir. Nous faisons notre entrée dans le port où stationnent d’énormes ferries vers 17h45 et nous dirigeons vers le quai des yachts, complètement désert.
Vu toute la place disponible, nous nous amarrons le long du quai, doublant les amarres en prévision du coup de vent !

Samedi 16 au lundi 18 avril -Hora Zakynthos

Hora Zakynthos, avec son port, ses quais bordés de bars et restaurants, ses maisons colorées nous fait penser un peu à Le Palais en Belle-ile
Ce samedi, c’est la pluie presque toute la journée, une accalmie en fin d’après-midi nous permet d’aller faire une jolie ballade à pied sur les hauteurs dominant la ville. Les points de vue sont spectaculaires, nous cheminons le long de petites routes désertes parmi une végétation luxuriante.
Les jardins sont bien tenus et riches en légumes de touts sortes, les orangers sont en fleurs et embaument l’air. Nous pouvons admirer deux chapelles orthodoxes aux riches ornements et grimpons jusqu’au traditionnel château, qui est fermé.
Dimanche, le temps est apocalyptique, ciel noir, pluie diluvienne, vent à 40 nœuds et plus. Bientôt, des paquets de mer passent par-dessus la jetée et viennent arroser copieusement Algieba qui est à la gîte, solidement retenu par ses amarres au quai… Nous retrouverons le pont plein d’algues, de sable et de sel !



Mardi 19 avril – Hora Zakintos – Limnos Keri – 17 milles

Courte navigation qui nous emmène par petite brise et beau temps vers la grande baie de Lagana , au sud de Zakynthos. Nous nous dirigeons vers le coin Nord-ouest de la baie, le seul endroit où il est autorisé de naviguer et jeter l’ancre. Cette baie de Lagana est en effet un haut lieu de reproduction des tortues « Caretta Caretta ».
Nous jetons l’ancre par 3 mètres sur fond de sable et eau transparente devant un petit village sympathique avec ses traditionnelles tavernas. C’est un endroit joli et calme, bien abrité des vents dominants de Nord-ouest, où il y a des locations pour les vacanciers mais la saison n’est pas encore commencée. Le temps est très beau cette fois et nous faisons de bonnes randonnées dans les collines boisées sentant bon les herbes aromatiques et les fleurs sauvages. Nous resterons deux jours dans ce sympathique endroit.

Jeudi 20 avril – Limnos Keri – Katakolon – 26 milles

Ce matin, la baie est un peu clapoteuse, le vent est au Nord-est à 10 nœuds et nous levons l’ancre vers 9h30 … Le soleil est déjà haut ! Le vent se maintient pendant une heure puis augmente graduellement en virant Nord jusqu‘à souffler à 20/22 nœuds vers midi. Algieba s’en donne à cœur joie et nous filons bâbord amures dans les embruns par vent de travers à 7,5 nœuds, Katakolon est alors rapidement en vue et nous arrivons devant le port vers 13h30 … 4 heures pour couvrir les 26 milles, nous nous sommes régalés !
Il y a peu de place dans ce port qui accueille des gros paquebots de croisière car il y a des bateaux de pêche un peu partout. Il n’y a qu’un seul voilier amarré… Nous repérons un bout de quai et tentons de nous y amarrer en arrière après avoir jeté l’ancre mais le fort vent de travers fait avorter la manœuvre. Cependant, il y a assez de place pour s’y amarrer « alongside » et nous choisissons cette solution, aidés par un pêcheur sympa.

Vendredi 21 au Dimanche 24 avril - Katakolon

Le port de Katakolon a été construit à l’origine pour le commerce des raisins secs, mais il s’est transformé et est surtout voué maintenant à l’accueil des bateaux de croisière car c’est le portt le plus proche d’Olympie, site très prisé des touristes. Le village n’est donc qu’une succession de tavernas au bord de l’eau et, en arrière, de boutiques pour touristes, avec cependant de jolies maisons et jardins au bord d’escaliers de pierre qui grimpent dans la falaise.
Le samedi, par un temps magnifique, nous prenons un train local qui fait la navette vers le site de l’ancienne Olympia . Nous sommes installés dans le train quand le contrôleur nous annonce qu’il n’y a pas de retour ! Enfin du moins seulement jusqu’à la ville de Pirgos , à 13 kms de Katakolon.
Tant pis, nous sommes partis, on verra bien !
Bonne surprise en arrivant à l’entrée du site, c’est jour de gratuité … Nous serons enchantés par ces lieux calmes et empreints de toute une histoire. Songez que nous avons foulé la piste où se mesuraient des athlètes en 776 avant JC, date des premiers jeux Olympiques. Ces jeux se déroulant entre Juin et Septembre, nous pensons qu’ils ont dû avoir sacrément chaud !
Bien sûr, de nombreux tremblements de terre et des destructions humaines ont eu raison de ces fiers bâtiments, temples, gymnases, thermes et autres Palestres mais il y a encore de beaux restes …
Retour en train jusqu’à Pirgos où nous trouvons un bus pour nous ramener à Katakolon en fin d’après-midi .
La Pâque orthodoxe est célébrée avec ferveur et tous les soirs, nous avons droit aux prières psalmodiées par le Pope et retransmises par des haut-parleurs situés à l’extérieur de l’église, cela dure 4 heures environ !
Tard dans la nuit de samedi , les explosions de pétards se feront entendre … Et le dimanche, les familles sont réunies autour du méchoui d’agneau.

Dimanche 24 avril – Katakolon-Kyparissia – 29 milles

Ce dimanche de Pâques, le temps est toujours très beau mais un nouveau coup de vent d’Est est annoncé pour mardi. Nous appareillons donc afin de nous rendre à Kyparissia où le port est mieux abrité.
Nous ferons route à la voile malgré une brise anémique de 5/6 nœuds grimpant jusqu’à 8 nœuds aux meilleurs moments ! Il nous faudra 8 heures pour parcourir les 29 milles mais nous aurons profité d’un beau soleil et d’une mer calme … Dimanche tranquille donc !
Nous entrons dans un vaste port où il n’y a pratiquement pas de bateaux … De grands quais sont à notre disposition, nous choisissons le côté Est où nous serons moins exposés en cas de coup de vent. Un voilier battant pavillon Belge est amarré à ce quai, il repartira le lendemain, nous laissant seuls.

Lundi 25 avril au Jeudi 28 avril - Kyparissia

La petite ville de Kyparissia compte 5000 habitants environ et est bâtie au pied du mont Psikro qui culmine à 1350 mètres. Les rues sont souvent à forte pente, la partie basse étant la ville moderne .
La ville ancienne, avec ses rues étroites et ses vieilles habitations est située plus haut, au pied de l’imposant château féodal qui domine les environs.
Nous grimperons à pied dans la montagne jusqu’à 300 mètres d’altitude environ par de petits chemins pierreux parmi les fleurs sauvages. Là-haut, le panorama est splendide .
Le Navtex (appareil dédié à la réception de bulletins météos et informations diverses pour la navigation) ne cesse d’envoyer des « Gale warning » ou « Avis de coup de vent » en bon Français.
Celui-ci arrive en fin d’après-midi de mardi avec un ciel se noircissant à vue d’œil, le vent d’Est se met alors à souffler avec rage, secouant le bateau qui heureusement est solidement amarré au quai en béton.
Une pluie rouge l’accompagne ! Nous avions nettoyé le bateau ce matin !
Nous avons des nouvelles de Pacific Pearl, Bruno et Judy sont bloqués au mouillage dans une petite baie au sud du Péloponèse avant le cap Tainaron. Les forts vents d’Est leur interdisent le passage du cap et ils doivent assurer des quarts de nuit pour surveiller la tenue de l’ancre !

Vendredi 29 avril – Kyparissia – Pylos – 28 milles

La météo du jour s’annonce plutôt bonne, soleil et vent de Nord-ouest ( donc portant) 2 à 3 beaufort se renforçant 4 à 5 en cours de journée.
Le début à la voile est un peu laborieux, la brise étant vraiment faible mais elle se renforcera petit à petit, nous permettant de faire bonne route vers le sud .La côte est plate et très cultivée, les orangeraies et oliveraies se partagent l’espace avec des cultures de céréales et aussi de nombreuses serres.
Nous (admirons) au passage un château construit par un Grec ayant fait fortune aux US , sis au ras de la mer, on dirait un bâtiment sorti tout droit de Disneyland, avec ses multiples tours pointues et coloriées … et une énorme statue de cheval sur la pelouse.
Un peu après le chenal entre le continent et Nisis Proti, nous franchissons de nouveau le 37è parallèle et continuons à longer une côte devenue montagneuse pour nous diriger vers l’entrée de la baie de Navarin où eut lieu ,en 1827, une célèbre bataille navale entre une armada Anglaise commandée par Codrington et la flotte Turco-Egyptienne massée en embuscade dans cette grande baie. Les Anglais, moins nombreux, furent finalement les plus forts et du coup épargnèrent à la Grèce une domination Turque après son indépendance.
Les Français agirent beaucoup aussi au niveau diplomatie pour rendre une vraie indépendance à la Grèce et la petite ville de Pylos où nous nous rendons, se ressent beaucoup de l’influence Française .

Après avoir viré le cap Pylos, et longé Nisis Pylos et son arche naturelle, nous allons vers une petite marina où les places sont comptées et nous devons nous amarrer à l’entrée du port. Là, nous serons abrités car, devinez quoi … Un nouveau coup de vent d’Est-Sud-est est annoncé pour samedi soir !

Samedi 30 avril au Jeudi 5 mai - PYLOS

Pylos est une petite ville située à l’intérieur de la baie de Navarinou , très mignonne avec sa petite place ombragée près du port, ses rues en escaliers blancs attaquant le flanc de la colline et ses vieux murs ornés de capucines oranges et jaunes du plus bel effet.
C’est aussi un endroit touristique et quelques bateaux de croisière jettent l’ancre dans la baie de temps à autre, déversant leur flot de touristes de toutes nationalités, l’équipage étant invariablement Philippin et le pavillon des Bahamas ou autre île exotique.
La météo est fort capricieuse et un nouveau coup de vent de sud-est arrive dimanche, suivi d’un autre le mardi. Le baromètre est très bas, aussi décidons-nous d’attendre à l’abri de meilleures conditions pour poursuivre notre route … Après tout, nous ne sommes pas pressés !
Lundi soir, vers 11 heures, arrive un superbe Bénéteau 53 tout neuf, convoyé par 2 Anglais. Il s’amarre à couple d’une grosse vedette juste derrière nous. Déjà, il manque de nous érafler l’arrière au passage. Je leur demande d’envoyer une amarre sur le quai car le vent est prévu 6 à 7 le lendemain matin … Ils refusent … Leurs amarres, en plus, me semblent bien minces pour ce gros bateau.
Le matin suivant, le vent souffle en bonnes rafales. .. Ca tient.. Dans la matinée, la vedette doit partir, nos deux compères décident de prendre sa place. Après un petit tour à l’extérieur, ils reviennent donc vers le quai, quelques petits pare-batts mal placés sur le flanc de ce long bateau... Nous sommes trois à l’attendre mais les fortes rafales de vent plaquent avec force l’avant du bateau sur le quai et voilà ce superbe voilier flambant neuf éraflé !
Comme ils sont bien attristés, je sors du coffre une boîte de pâte à polir le gel-coat, ils peuvent panser les éraflures, somme toute superficielles, de la coque. Cela a bien marché car l’un deux reviendra un peu plus tard avec une bouteille de vin Sicilien ...
Et puis trois quarts d’heure plus tard, les voilà repartis ! Direction Marmaris en Turquie, ils vont passer le premier cap avec force 7 dans le nez … Un bon rinçage en perspective ! En voilà deux à qui je ne confierais pas mon bateau !
Nous ferons aussi une visite intéressante du château de Pylos datant du 16è siecle , les points de vue depuis les hautes murailles sont spectaculaires et nous avons vu avec plaisir une exposition de gravures relatant les faits de guerre de la résistance Grecque ainsi que la bataille de Navarin.
Enfin,nous faisons la connaissance de Jacques et Brigitte sur SAXO qui voyagent en compagnie de Alain et Sue sur PARABOLA battant pavillon Anglais ainsi que Rod et Pat à bord de GENEVIEVE. Tous ces bateaux attendent patiemment une bonne météo pour quitter Pylos . Demain peut-être ?

samedi 26 mars 2011

Printemps Grec

Bonjour à tous,

La météo est assez contrastée en cette fin d’hiver.


Aux belles journées ensoleillées et douces de fin février, a succédé une période de temps maussade et de forts vents d’est très désagréables, au début du mois de Mars. Néanmoins, les travaux de préparation du bateau continuent, le parc des batteries de service a été changé et compte maintenant 3 unités, les panneaux solaires réinstallés mais nous attendons toujours celui qui doit prendre place sur le portique arrière.
Le panneau est bien arrivé mais la livraison se fait attendre et nous devons avoir recours aux services de Elias (le ship) comme intermédiaire car notre homme parle très peu Anglais et il ne se trouve jamais à sa boutique … Il a déjà promis 3 fois de venir le lendemain mais … pas vu !
En commandant des pièces de rechange pour le moteur chez un mécano qui n’est autre que le petit ami de Matha, la secrétaire de la marina, nous avons fait la connaissance de Irini et avons sympathisé.
Irini travaille au garage et nous a servi d’interprète avec son boss, elle est très gentille et serviable et nous avons beaucoup échangé sur nos pays réciproques…
La sortie du bateau était programmée pour le vendredi 4 mars mais un violent vent d’est interdisait toute manœuvre ce jour là … Le lundi, même chose et il fallut donc attendre le mercredi suivant pour enfin gruter Algieba. Les œuvres vives étaient en bon état et beaucoup moins sales que l’année dernière, nous décidons donc de ne rester qu’une semaine au sec, d’autant plus que Algieba est perché sur un échafaudage fait de tonneaux remplis de ciment surmontés de billots de bois plus ou moins bien équarris et étayé par de simples bras de ferraille … Tout cela fait un peu château de cartes et je ne serais pas trop tranquille en cas de fort coup de vent.


Nous continuons bien sûr à faire nos ballades à vélo qui nous permettent d'admirer les superbes paysages environnants.
Le carnaval a eu lieu le dimanche 6 mars par un temps très médiocre, voire pluvieux. Nous sommes allés voir le « petit » défilé composé surtout de jeunes qui avaient l’air de bien s’amuser… Les thèmes tournaient surtout autour de la crise économique qui secoue le pays.
Alors que nous attendions le défilé, quelle ne fut pas notre surprise de rencontrer Irini dans la rue, près de sa maison … Elle nous présente sa mère Voula et nous sommes invités à déjeuner le lendemain qui est un jour férié.
Nous serons très bien reçus, Voula a composé un menu de spécialités de la région … délicieux ! Nous avons ainsi apprécié la chorta (sorte de tourte aux légumes et Feta), le Ohtapodi (pieuvre), les Gigantes ( énormes haricots), la horiatiki ( fameuse salade Gecque), les Elyes (olives du pays), les fruis confits et une patisserieà base d’amandes et de nougat spécialement fabriquée à l’occasion du carnaval. Puis ce fut bien sûr le traditionnel café Grec …
Le début de semaine fut consacré aux petits soins et au carénage de la coque , le bateau a été remis à l’eau le jeudi …

Le week-end suivant, en compagnie de Dominique et Nicole , l’équipage de HOUBIBI, nous partons visiter les Météores, célèbre site où se trouvent les monastères perchés sur des pitons rocheux. Ce fut une superbe découverte, par un temps merveilleux et j’en parlerai dans un prochain message.
Le 20 mars enfin, après un nième appel téléphonique de Elias, notre marchand de panneaux solaires se décide enfin à venir livrer notre panneau. Cet homme
(Sotiris)est malgré tout bien gentil, je découvre qu’il est aussi radio-amateur et nous sympathisons , comme quoi !
Annie et Jacky de OUKIVA , le bateau voisin, sont rentrés de France. Jacky me fournit des pièces de fixation pour le panneau solaire et m’aide à l’installer, je le remercie au passage pour sa gentillesse. Il va nous rester maintenant à terminer quelques bricoles mécaniques, gréer les voiles et nous serons fin prêts pour découvrir d’autres horizons.

jeudi 17 février 2011

Retour a Messolonghi

Deuxième partie d’hivernage à Messolonghi

Bonjour à tous,

Cela fait déjà un mois que nous sommes revenus à Messolonghi . Après une petite escale à Athènes, nous avons retrouvé Algieba par une belle journée ensoleillée. Pas de problèmes, le bateau était en ordre, pas humide … Un bon nettoyage de l’intérieur et un lavage de pont ont été nos premières occupations.
Puis la vie a repris son cours, la fin janvier a été bien arrosée et pas très chaude puis nous avons eu une semaine de vent d’est particulièrement fatigant avec une nuit où il a soufflé à 50 nœuds… Autant vous dire que nous n’avons pas très bien dormi, le bateau vibrant de tout son gréement dans les rafales. Cependant, nous nous sentions en sécurité, les amarres du port semblant solides ! Certains disent que les attaches ne sont pas très fiables … Il faudrait aller voir au fond de l’eau !
Les montagnes environnantes se sont couronnées de neige, nous offrant un superbe panorama … Oui, la région de Messolonghi est très belle.
Le beau temps est revenu vers le 5 Février avec des températures avoisinant les 20° dans la journée, nous offrant l’occasion de reprendre les vélos pour de belles ballades dans la montagnette où le printemps se manifeste déjà avec de nombreuses fleurs sauvages dont de superbes iris garnissant certains fossés. Le bruissement de l’eau est le seul bruit perceptible tant ces endroits sont calmes, nous nous sommes risqués dans de petits chemins parfois coupés par un petit ruisseau que nous devions franchir à gué … Bref, de bons moments.
Nous avons aussi exploré la lagune en empruntant de petits chemins construits sur les digues bordées de petites maisons de pêcheurs sur pilotis … De charmants endroits bien que certaines cabanes soient gardées par des molosses et autres bâtards peu avenants !
Notre ami Elias, le shipchandler, est content de nous revoir … Nous sommes de bons clients ! En effet, tout l’inox qui a servi à la construction du portique vient de chez lui ainsi que les accessoires. C’est un garçon charmant et très serviable de même que notre jeune marchand de fruits et légumes, en général tous les commerçants sont sympathiques.
Comme chaque année, nous recherchons un petit studio pour un mois, le temps où le bateau sera à terre… Ce n’est pas gagné car il semble que beaucoup d’appartements soient loués vides ! De plus nous ne sommes pas du tout certains de la date de sortie du bateau, le fonctionnement de la marina étant un peu particulier !

Au 15 Février, le portique arrière est terminé, les cables électrques sont installés, restait à trouver un panneau solaire, ce qui est maintenant chose faite chez un artisan électronicien de Messolonghi mais … à quand la livraison ?
Certains d'entre vous trouvent les photos trop petites. Pour celles alignées sur la droite, je n'y peux rien, je suis tributaire du serveur Blogspot. Par contre, vous pouvez agrandir celles situées dans le texte en cliquant dessus... Pour terminer, voici un joli décor champêtre.
Bonne lecture et à bientôt pour d'autres nouvelles.

Jo et Josianne

dimanche 14 novembre 2010

Automne Grec pour Algieba

Première partie d’hivernage à Messolonghi

Bonjour les amis,

Eh bien nous voilà donc dans cette marina de Messolonghi pour un bon moment. C’est un village international peuplé de nomades Anglais bien sûr, mais aussi Français, Allemands, Autrichiens et encore Américains, Australiens, Canadiens et j’en passe …


Le barbecue Anglo-Saxon du dimanche après-midi est de rigueur, nous n’y participons pas car nous n’aimons pas trop ce genre de réunion trop formel à notre goût … Un peu pince-fesses … Peut-être irons-nous un jour … Nous préférons un petit repas dans un estaminet sympa et populaire en ville suivi d’une bonne ballade en vélo dans la montagne environnante.


La ville est vivante et sympathique, le centre est très animé et il suffit de quelques coups de pédales pour se retrouver dans la campagne.
En tout cas, après une dizaine de jours de temps médiocre, voire exécrable mais entrecoupé de belles accalmies, l’été est revenu et c’est bien agréable de faire les petits travaux en short et torse nu à cette époque de l’année.
J’ai entrepris la construction d’un petit portique en inox à l’arrière du bateau afin de supporter un ou deux panneaux solaires supplémentaires et j’envisage également d’ajouter une batterie de service supplémentaire. L’autonomie complète est à ce prix …
Le temps s’écoule très vite, nos voisins sont sympas : Sur tribord, OUKIVA de Jaime et Annie déjà rencontrés à Carthagène. Sur bâbord, CAP D’OR, le ketch Anglais de Roger et Pam bourlingueurs depuis 20 ans et circumnavigateurs. Plus loin sur bâbord, un joli sloop de 48 pieds du nom de PACIFIC PEARL de Bruno et Judy, couple Franco-Australien avec qui nous entretenons d’excellentes relations, Bruno était Chef de cuisine et patron ! En face David et Lesley sur HIE, sloop de 9 mètres, sur lequel ils vivent en permanence (à plus de 70 ans !) et d’autres encore. Nous n’oublions pas non plus nos « vieux » amis Loulou, Dominique et Bastien de Dam’Marine qui sont à une autre « rue » du village !
Comme rien n’est parfait en ce bas monde, nous devons lutter contre les moustiques, nombreux à cette époque et avec la chaleur qui règne. Invisibles dans la journée, ils attaquent en escadrilles dès que le soleil se couche, cela dure environ 2 heures puis ils disparaissent !

Mais il va être temps de retrouver nos amis, la famille en Bretagne où, si l’on en croit les météos du monde entier, nous attendent pluies, tempêtes de Suroît et grains de Noroît ! et peut-être de la neige ?
A bientôt

lundi 25 octobre 2010

Une saison qui se termine

Du 3 octobre au 8 octobre - Andikira

Durant quatre jours, le temps est calme et ensoleillé, le village est tranquille et les gens sont gentils, bref, un séjour agréable. Depuis quelques temps, nous cherchions un petit four électrique (utile au port), respectant des dimensions bien précises afin d’entrer dans un équipet … Nous l’avons trouvé ici.
Bien sûr, nous explorons à pied les alentours qui sont très montagneux et plantés d’oliviers dans les parties les plus plates. Plus haut, c’est la garrigue et ses buissons de genévriers, cystes, thyms et autres, mais aussi des touffes de petits cyclamens roses qui parsèment les rochers ainsi que des crocus jaunes. Puis ce sont les montagnes abruptes aux pentes dénudées quasiment verticales qui s’élancent vers le ciel…
L’endroit est spectaculaire mais quand il y a du vent, celui-ci accélère de manière impressionnante.
Justement, un vent de Nord-est s’installe et soufflera violemment pendant deux jours, nous interdisant toute tentative de sortie. Heureusement, nous sommes bien protégés derrière le petit môle, l’avant du bateau est maintenu par son ancre mouillée quarante mètres plus loin plus une amarre de corps-mort et l’arrière par trois amarres au quai, mais ça bouge !
Un voilier battant pavillon Autrichien est amarré près de nous, Vati est d’origine Indienne, née en Malaisie et son mari est Autrichien. Elle est marrante, elle aime courir et veut absolument faire un footing avec nous, ce sera chose faite … Ils ont également prévu de passer l’hiver à Messolonghi … Nous nous reverrons.

Le 9 octobre – Andikira- Itea – 21 milles

Ces deux lieux ne sont pas très éloignés géographiquement mais il nous faut contourner le cap AK Pangalos pour rejoindre Itea. Ce matin, nous partons donc du fond de la baie d’Andikira pour attaquer le goulet de sortie avec le vent dans le nez.
Un premier bord nous emmène vers l’ex-usine Pechiney (traitement de la bauxite) où de nombreux Français ont travaillé. La mer est grise et moutonneuse, de bonnes vagues nous aspergent, le vent souffle à 20 nœuds venant du large, Algieba peine au près le plus serré, je commence à me dire que cela va être difficile de sortir de ce trou à rats. Cependant, après avoir viré de bord, le vent nous est plus favorable et nous pouvons même débrider légèrement, Algieba se trémousse alors de joie et taille l’écume à 7 ou 8 nœuds, faisant exploser les vagues contre sa coque.
A cette allure, nous atteignons rapidement le cap Pangalos et tout de suite après, nous retrouvons des allures portantes et même plein vent arrière, cool !!!
En arrivant au port, le petit père au mini camion-citerne vient nous voir, nous lui avions dit qu’au retour nous lui prendrions du gas-oil, il ne devait pas nous croire… Il est très content de nous voir, nous faisons le plein tout de suite !
Tous les jours, il viendra nous dire bonjour et faire la causette, moitié Anglais moitié Français. Un jour, il arrive avec une bouteille de rosé fabrication maison … Excellent !

Du 10 au 16 octobre – Escale à Itea

Vous l’aurez remarqué, les longues escales deviennent plus fréquentes, il faut dire que la saison avance et que maintenant il nous faut rejoindre notre abri d’hiver, Messolonghi. Nous avons donc retrouvé le grand quai d’Itea ,absolument vide, avec un certain plaisir car nous aimons bien l’ambiance de cette petite ville, le seul problème est que nous n‘avons ni eau ni électricité. Pour l’eau , ça va car les réservoirs du bateau suffisent amplement et un robinet se trouve à quelques centaines de mètres. En ce qui concerne l’électricité, il y a bien les panneaux solaires et l’éolienne mais le soleil et le vent sont souvent absents cette semaine ! Il faut donc gérer notre énergie et pour cela, nous serons obligés de faire tourner le moteur à trois reprises, c’est la première fois que nous faisons cela depuis le début de la saison.
Comme je l’ai dit plus haut, notre petit père (il s’appelle Sotiris et est âgé de 72 ans) vient nous rendre visite en s’annonçant à grand renfort de klaxon, il nous parle de son pays…
Jeudi, le temps se dégrade carrément, orages violents et pluies diluviennes, nous attendons maintenant un créneau météo pour repartir.

Dimanche 17 octobre – Itea- Messolonghi – 58 milles

Les prévisions météo sont pessimistes pour les jours à venir. Ce matin il pleut mais au moins le vent, s’il y en a, ne devrait pas être défavorable. Nous faisons route au moteur sous la pluie et en arrivant à hauteur de Trizonia, nous décidons de ne pas nous y arrêter comme prévu et de poursuivre notre route jusqu’à Messolonghi encore distant de 35 milles.
Le vent faible d’Ouest ne nous gêne pas et il bascule à l’Est, toujours faible, en début d’après-midi tandis que le ciel est encore plus noir et menaçant !
Cependant, c’est sous un ciel plus clair que nous apercevons les premières maisons sur pilotis et nous embouquons l’entrée du chenal de Messolonghi . Il faudra des appels répétés à la VHF avant que le marinero de service nous réponde … Il nous installe à une place provisoire … Nous avons un petit pincement au cœur en pensant à cette nouvelle saison qui se termine.

Début d’hivernage à Messolonghi

Le mauvais temps persiste pendant deux jours, coups de vent et orages très violents se succèdent avec quelques courts répits. Puis la météo s’améliore et nous permet de sortir enfin les vélos et de faire nos promenades et nos courses !
Nous connaissons déjà la ville de Messolonghi qui est charmante et très vivante. Elle est située sur une plaine côtière s’étendant sur une largeur d’environ 4 à 5 kms au pied de la montagne, cette plaine s’allonge sur une distance d’une bonne trentaine de kms.
De nombreuses oliveraies et orangeraies sont les principales cultures, des petites routes bordées de maisons campagnardes avec basse-cour fournie comprenant poules, coqs, pintades et l’inévitable dindon ! ainsi que le petit bétail.Nous aimons bien cette ambiance rurale qui nous rappelle un peu notre jeunesse !
Nous découvrons aussi une jolie petite route de montagne qui longe un torrent et nous emmène sur les hauteurs dominant la lagune de Messolonghi. Cette route est très pentue et bordée de fossés et talus où poussent des multitudes de petits cyclamens roses … Les seuls bruits que nous entendons sont les clochettes des moutons et biquettes ainsi que le bruissement de l’eau qui coule. Cela nous change complètement de la mer !
Nous songeons maintenant aux bricoles à faire sur le bateau … Entretien après une saison bien remplie et nouveaux petits aménagements, notamment pour améliorer la vie au mouillage (plus d’énergie solaire surtout)… En prévision, la construction d’un mini-portique destiné à supporter un panneau solaire supplémentaire.
Il n’y a qu’un petit shipchandler en ville, jeune, très sympathique et compétent, il peut me fournir les tubes inox et me fait rencontrer un de ses amis, ingénieur, qui se propose de fabriquer les pièces inox nécessaires à l’assemblage. Par contre, nous devrons probablement aller à Patras pour acheter le panneau.

lundi 4 octobre 2010

Algieba visite les golfes de Patras et Corinthe

Dimanche 5 septembre – Messolonghi – Patras - 19 milles – Escale à Patras

Après avoir fait une escale de quelques jours à Messolonghi, un peu plus longue que prévu pour cause de mauvais temps, nous nous décidons à repartir ce dimanche en début d’après-midi. La météo est incertaine et nous optons pour une courte traversée du golfe vers Patras où nous arrivons vers 19h.
La traversée s’est finalement faite presque toute à la voile avec un petit vent portant et un beau soleil malgré les gros nuages noirs qui s’attardent sur les sommets montagneux.
Nous avions à peine amarré le bateau dans le port qu’un « Coast Guard » (garde-côtes )arrive pour nous contrôler, c’est la première fois et … nous ne sommes pas en règle !
En effet, nous n’avons toujours pas acheté le fameux transit-log, document obligatoire pour la circulation des bateaux de plaisance étrangers en Grèce, ce qui en passant, est une complète infraction aux lois Européennes sur la libre circulation des biens et des personnes.
Qu’importe, cela perdure, seul le prix a diminué …
Le Coast Guard est sympa et nous indique le lieu où l’on doit aller payer cette taxe de 29€ afin d’obtenir le précieux document, ce que nous ferons le lendemain matin.
Patras est une grande ville, la troisième de Grèce avec 175 000 habitants. Elle est située au sud de l’immense bras de mer qui coupe la Grèce en deux et aboutit au canal de Corinthe. Elle fut détruite pendant la guerre d’indépendance et reconstruite de manière géométrique avec un quadrillage rectiligne des rues.
Une magnifique forteresse (le Kastro)datant de 551 avant JC domine la ville , nous n’avons pu la visiter car elle était fermée le lundi, jour de notre passage.
Un ancien Odeon Romain a été restauré, le centre ville est plutôt agréable avec ses arcades, ses espaces verts et une immense place où se trouve le théâtre Apollon.
Sinon ce ne sont qu’immeubles plutôt laids, une immense gare de ferries ( plus d’1 km de long sur le front de mer ) bordée à son extrémité Est par des bâtiments désaffectés, squattés par des jeunes SDF immigrés probablement en mal de partance … Ils sont accrochés aux grillages, regardant avec avidité le trafic des ferries …
Nous voulions partir le mardi, mais le vent et le courant étaient contre nous, aussi avons-nous renoncé et, comme la marina fonctionne par période de deux jours, nous sommes restés jusqu’au jeudi.
Nous avons donc tracé la ville à pied et pu observer la vie des Grecs dans cette grande métropole … Beaucoup de monde en pleine journée aux terrasses des grands cafés . En face de la marina il y a une longue promenade , le soir elle est pleine de monde et les bars sont bondés jusqu’à une heure avancée de la nuit, déversant leur flot de musique. Nous sommes obligés de nous boucher les oreilles pour dormir !
Cette ville est bruyante, très animée et entourée de zones plutôt sales et parfois mal fréquentées…

Jeudi 9 septembre – Patras – Trizonia – 21 milles

Nous quittons le bruyant port de Patras vers 9h30, il n’y a pas de vent mais tant pis … Nous nous dirigeons vers le grand pont suspendu qui enjambe le petit détroit de Rhion et plus nous approchons, plus le courant (contraire) se fait sentir . Il est de 2,5 nœuds sous la travée centrale et nous ralentit sérieusement mais cela ne dure pas. Un demi-mille plus loin, le bras de mer s’élargit considérablement et le courant devient nul , nous mettons à la voile pour une petite heure et de nouveau le moteur .
Déjà l’île de Trizonia se profile à l’horizon et nous empruntons le chenal qui la sépare du continent, une jolie anse profonde située à l’est de l’île nous accueille et nous mouillons notre ancre par 3 mètres sur fond de vase et herbes.


Une marina a été construite il y a 25 ans (avec les fonds Européens) juste à côté mais n’a jamais été terminée suite à des malversations. Les quais et les deux pontons en béton sont utilisables mais il n’y a pas d’électricité et seulement un robinet d’eau. Au beau milieu, entre les deux pontons, un ketch de 15 mètres est coulé, les deux mâts dépassent de l’eau.
Cette étrange marina est fréquentée et certains bateaux y sont à l’année, des Allemands, Anglais, Français y vivent en permanence … C'est gratuit.
Après avoir fait une reconnaissance à pied, nous y trouvons une place et nous y installons pour quelques jours.
Que dire de cette petite île sinon qu’elle est charmante avec son paysage vallonné fait de garrigues, de rocaille mais aussi de vignes et oliveraies. Tout y est paisible et nous avons l’impression de vivre hors du temps.
Cependant, dans les beaux endroits, on trouve parfois des déchets … et une grande décharge occupe une hauteur de l’île, elle est visible depuis la mer. Aussi les habitants nourrissent-ils une population importante de chats pour lutter contre les rats qui descendent au village quand le feu est mis pour brûler les déchets … Ainsi Trizonia est-elle nommée l’île aux chats.
Nous retrouvons avec plaisir nos amis Nicole et Dominique de Houbibi qui ont élu domicile pour quelques jours dans cette « marina ».
Nous y restons cinq jours et nous ne voyons pas le temps passer …
Une anecdote : Un jour, nous prenons le petit bateau pour passer sur le continent et faire quelques courses au village en face. Nous sommes en compagnie d’un Pope en soutane, chapeau et grande barbe.
Après être débarqués, nous suivons la même direction que lui et nous le voyons avec surprise enfourcher un motoculteur attelé d’une remorque et partir tranquillement sur cet engin .Un pope jardinier quoi !

Mardi 14 septembre – Trizonia – Galaxhidi – 22 milles

C’est par un léger vent de face que nous quittons ce havre de paix, tout d’abord au moteur puis à la voile en tirant deux bords. Algieba se faufile entre les nombreux îlots pour atteindre le tout petit port de Galaxhidi dans lequel se trouve déjà Houbibi. Dans ce port, il faut mouiller son ancre puis venir s’amarrer cul à quai …
En voulant nous mettre près de Houbibi, nous prenons notre ancre dans sa chaîne et devons recommencer la manœuvre en choisissant une autre place un peu plus loin … Chaud ! Mais finalement ça se passe bien.
Galaxhidi est un joli petit village non touristique, un peu endormi sous la chaleur .Les maisons y sont typiques et colorées, les ruelles sont calmes, nous nous sentons loin de l’agitation.
Nous entreprenons l’escalade de la colline dominant le port et en haut de laquelle se trouve un moulin à vent. Nous empruntons des petits sentiers pentus parmi les pins puis ensuite à travers la garrigue. Chemin faisant, nous croisons une jolie tortue qui se promène tranquillement parmi les touffes de thym. De là-haut, le panorama sur le village et les îles avoisinantes est superbe.

Mercredi 15 septembre – Galaxhidi – Itea – 5 milles

Très courte étape à travers les îles et îlots pour rejoindre Itea qui est une station balnéaire située dans le fond d’un petit golfe, il y a un grand quai sans eau ni électricité mais peu onéreux. Les blocs électriques sont en place mais se détériorent petit à petit, encore un projet de marina qui a échoué !
Le petit père qui passe avec son mini-camion citerne nous dit que la marina avait commencé à fonctionner puis a fait faillite peu après, tout le monde voulait s’en mettre plein les poches !
La ville est plutôt quelconque mais sympathique et l’on y trouve de tout. Elle possède tout de même trois magnifiques églises colorées ,toutes neuves … De plus, c’est une excellente base pour aller visiter Delphes, ce que nous ferons le lendemain.

Jeudi 16 septembre au 23 septembre - Itea

Le jeudi, nous empruntons le bus qui nous conduit à Delphes par une route sinueuse et impressionnante, longeant des ravins et dominant la plaine couverte de milliers d’oliviers… Une véritable mer de verdure ! La visite du site archéologique ne nous déçoit pas, tant la beauté et la magnificence sont partout. Nous avons particulièrement apprécié le théâtre, le temple d’Apollon et le stade ainsi que la position géographique au pied du mont Parnasse.


Le nom de Delphes vient du mot dauphin (delphís) : dans la poésie homérique, Apollon aurait pris la forme de cet animal pour attirer les marins crétois chargés d'instaurer son culte sur le site.
Le premier village remonte à 1400 av JC et le sanctuaire a probablement été commencé vers 800 av JC, cela ne date pas d’aujourd’hui ! Les oracles y étaient distillés par les Pythies qui faisaient en sorte de faire plaisir à tout le monde … Politique oblige !
On attribue la destruction du temple au tremblement de terre de 373 av. J.-C., mais la catastrophe, provoquée par un glissement de terrain, fut assez limitée. Puis le site perd son autonomie et entame un long déclin surtout après la conquête de la Grèce par Rome.
Le lendemain, nous louons une voiture avec Dominique et Nicole de Houbibi et partons à la découverte des alentours. La première étape sera pour la visite de l’imposant monastère d'Osios Loukas qui compte parmi les plus beaux monastères Byzantins de Grèce. Il est classé au Patrimoine mondial de l'UNESCO et est réputé pour ses mosaïques à fond d'or du XIe siècle, ses fresques et le raffinement de sa décoration : pavements de marbre, jaspe et porphyre… Saint Luc en est le fondateur.
Nous avons dû nous habiller « convenablement », pantalon pour les messieurs et robe pour les dames… cela faisait bien 6 mois que je n’avais porté de pantalon !
Le monastère est encore occupé par quelques moines orthodoxes.
Après un bon déjeuner à Arcachova, nous prenons une petite route de montagne afin d’aller voir la grotte de Paon … Nous ne la trouverons jamais !
Nous continuons notre promenade sur les flancs du mont Parnasse, pensant à toutes les histoires des Dieux et des muses dans ces parages.
L’escale de Itea se prolongera quelques jours pendant lesquels nous ferons de longues promenades dans les oliveraies, nous nous rendons aussi à une petite plage éloignée du centre pour profiter de la baignade.
Deux jours de vent fort nous font patienter encore avant de quitter ce petit port sympa et presque gratuit … Le garde-côtes, que nous surnommons « l’amiral » dans son bel uniforme blanc, ne nous a taxés que trois nuits sur les neuf que nous y avons passées.

Vendredi 24 septembre – Itea-Corinthe - 40 milles

Un vent très irrégulier et rafaleux nous accompagne durant cette journée, il varie de 3 à 20 nœuds et plus sans prévenir et fait se coucher le bateau par instants. .. Nous l’avons dans le nez bien sûr ! Il deviendra plus régulier ensuite et nous finirons avec la pétole et le moteur …
Le petit port « de plaisance » de Corinthe ne se voit qu’au dernier moment car il est masqué par les gros cargos amarrés dans le port de commerce. Il est minuscule et mal agencé, il y a très peu de place.
Nous parvenons à nous amarrer le long d’un petit quai où il y a peu d’eau, la dérive touche d’ailleurs le fond, vite nous la relevons. Un petit père en vélo que nous devinons Anglais nous renseigne : un robinet d’eau, pas d’électricité … Nous pouvons rester le temps que nous voulons, c'est gratuit selon lui, les garde-côtes ont autre chose à faire que s’occuper des voiliers de passage.
Cet homme, un Cornouaillais bien sympathique, est en fait un SDF, il vit à un angle du petit port de pêche, bien installé sous un figuier où il a aménagé son coin avec une table et une « couchette » … Deux chiens montent bonne garde ,tout le monde le connaît ,il fait des petits boulots de réparations sur les bateaux des pêcheurs et embarque de temps en temps pour la pêche.
Il viendra nous saluer lors de notre départ.
Des jeunes Tunisiens désœuvrés traînent aux alentours du port et proposent leur aide quand un bateau accoste … moyennant une petite pièce.Ils lavent aussi les voitures.
Bref, une grande ville de passage.

Samedi 25 septembre au Vendredi 1er octobre - escale à Corinthe

Nous sommes bien installés au quai des pêcheurs et peu pressés de rentrer à Messolonghi …
Un jour, nous prenons le bus en compagnie de l’équipage de Houbibi pour aller visiter le site archéologique de l’ancienne ville de Corinthe . Nous revenons enchantés de notre visite tant ce site recèle de merveilles et de traces du passé. Nous imaginons la vie des Corinthiens de l’époque dans cette ville très organisée, possédant un magnifique réseau d’eau, des thermes, un marché, des boutiques, des temples etc … et défendue par une imposante forteresse qui surplombe la ville à 524 m d’altitude. Elle était également dotée d’un port ( Echaion) situé sur la côte en contrebas.
Dominique est passionné de géologie et d’archéologie, il nous sert de guide éclairé.
Un autre jour, nous louons une voiture, toujours avec nos amis Dominique et Nicole et nous montons cette fois à la forteresse. Après avoir cheminé sur les sentiers pierreux en forte pente, découvert des restes de poteries parmi les pierres, admiré les crocus jaunes et les cyclamens violets fleurissant dans les rochers, nous arrivons au sommet du site.
Là,dit-on, Aphrodite et ses compagnes se livraient à des jeux coquins … Il faut dire que les Corinthiens avaient alors une réputation de débauchés , Saint Paul a d’ailleurs essayé de les sermonner !
En tout cas, le panorama est splendide, nous jouissons d’une vue superbe sur le golfe de Corinthe, l’isthme et le canal ainsi que l’entrée de la mer Egée.
L’après-midi, nous visitons le lac presque fermé de Vouliagmeni enchâssé dans les montagnes couvertes de pins vert clair, il communique avec la mer par un chenal large de quelques mètres et très peu profond. Et enfin, ce sera le port antique et le sanctuaire de Heraion de Perachora dédié à la déesse Hera,situés dans un cadre spectaculaire… Avant le retour et un arrêt pour admirer le canal de Corinthe qui forme une véritable tranchée dans les roches.
Le reste du temps, nous profitons d’être en ville pour faire quelques emplettes et connaître un peu mieux cette ville de Corinthe.

Samedi 2 octobre – Corinthe – Andikira - 31 milles

Le port de Corinthe est laissé derrière nous par un vent irrégulier de Nord-Ouest ( bien sûr c’est notre direction !), ce qui nous oblige à alterner voile et moteur et faire beaucoup de manœuvres. Il deviendra plus régulier ensuite en halant le Nord/Nord-Est, ce qui nous arrange, mais il faiblira à l’heure de midi et le Volvo prendra le relais.
Nous l’avons ensuite plein arrière faible et remettons à la voile quelques milles avant d’arriver à notre destination. Le soleil chauffe, tout va bien …
Il nous reste 2 milles à faire mais, avant d’entrer dans la grande baie, nous voyons la mer écumante à moins d’un mille sur bâbord. D’abord étonnés, nous nous rendons compte que les gros nuages noirs noyant le sommet des montagnes génèrent une sorte de vent catabatique qui dévale le long des pentes raides.
Effectivement, plus nous avançons et plus la mer est blanche, le vent monte soudainement et atteint 25 nœuds en quelques minutes, les rafales sont rageuses.
J’ai pris soin d'affaler la grand-voile avant d’entrer dans ce chaudron et nous nous dirigeons au moteur vers le petit port en nous disant qu’avec ce temps, le mouillage ne sera pas marrant … Heureusement, il reste une place au quai et nous nous lançons dans la manœuvre d’accostage avec le fort vent de travers. L’ancre est mouillée par le matelot à une quarantaine de mètres du quai puis marche arrière rapide pour faire culer le bateau vers le quai tout en déroulant la chaîne.
A un moment, on arrête de dérouler pour faire crocher l’ancre solidement puis on continue à culer jusqu’au quai où je peux lancer les amarres à deux plaisanciers sympas qui nous ont vu manœuvrer.
Et voilà, Algieba est immobilisé et se balance sagement ouf …
Le port est tout petit et Il n’y a que 4 places pour les bateaux de passage. Un poste d’électricité fonctionne ainsi qu’un robinet, nous ne savons pas si nous devons payer, nous verrons !
Algieba n’a pas vu une prise électrique depuis presque 3 semaines, les batteries vont apprécier !
Andikira ou Andikiron ( nous nous perdons dans les différentes orthographes Grecques)est un petit village situé dans un vaste cirque dominé par de hautes montagnes.
La saison est finie et nous retrouvons le calme campagnard après l’agitation Corinthienne ! Ballades dans le maquis et rencontres de tortues nombreuses par ici.

mercredi 1 septembre 2010

Pérégrinations d'Algieba en mer Ionienne

Vendredi 4 août – Escale à Lefkas

Lefkas , nommée aussi Lefkada ou Leucade, est une ville très active, tant au point de vue touristique que du côté économique. L’architecture est relativement récente car la ville fut détruite lors du tremblement de terre de 1953 et reconstruite de manière un peu anarchique. Seuls quelques vieilles maisons ou parties d’églises subsistent.
La plupart des maisons sont en brique et les murs sont recouverts de tôles peintes de jolies couleurs, ceci pour être en mesure de résister aux séismes éventuels.
Les clochers et clochetons ont également été reconstruits dont un en métal, ce qui lui donne une étrange allure.
La ville est entourée par une grande lagune peu profonde, l’île n’étant séparée du continent que par l’étroit canal que nous avons emprunté la veille.

Samedi 5 août – Lefkas – Baie d’Ormos Vlikho – 10 milles

Petite étape qui nous emmène à travers la lagune et son chenal vers un fjord profond où se trouve, à l’entrée, le village de Nydri et plus loin, la baie complètement fermée de Vlikho.
Le vent nous pousse tranquillement et, lorsque nous arrivons devant Nydri, nous sommes impressionnés par le trafic de bateaux qui vont et viennent dans tous les sens !
La « Baie tranquille » située en face de Nydri et chantée par Jean-François Deniaux n’a plus de tranquille que le nom, du moins en cette période de l’année. Une foule de bateaux y sont à l’ancre et certains y passent même l’hiver. Il y en a même qui sont dans un état de délabrement avancé …
En pénétrant plus avant dans le fjord, l’immense baie de Vlikho est beaucoup plus tranquille et nous y laissons tomber notre ancre dans le coin Nord-Est.
Bien sûr, il y a quelques tavernas et restaurants sur la rive Est, ce qui amène un petit trafic de vedettes à moteur souvent pilotées par des « Schumacher » du bateau… 500 CV au derrière, ils passent à grande vitesse quelquefois au ras du bateau, ils nous font danser !
Baigneurs, méfiez-vous et ne vous éloignez pas car ils vous couperaient la tête !
Ceci dit, ce n’est pas trop souvent et seulement à certaines heures de la journée … L’eau est à 26° et les baignades sont les bienvenues, surtout après quelques marches dans la campagne par les sentiers de chèvres et par des températures de 35°, pourtant en fin d’après-midi.
Le village de Nydri n’offre aucun intérêt, c’est une succession de boutiques pour touristes… mais il est bien pratique pour les courses et pour internet. Par contre, le petit village endormi de Vlikho est très intéressant avec ses vieilles maisons accolées au flanc de la montagne, toutes ornées de tonnelles de vigne montrant de belles grappes dorées. La vie s’y déroule lentement, les anciens lisent ou font de la broderie (sans lunettes, avons-nous remarqué) sous leur tonnelle. Curieusement, les touristes ignorent ce village !
En face de Nydri, se trouve l’île Madouri

où l’on peut voir la magnifique villa du poète national Grec Aristotelis Valaoritis, maintenant disparu, et près de la baie tranquille, se trouve la tombe de l’archéologue Dorpfeld qui émit la thèse selon laquelle Lefkas serait la patrie d’Ulysse et non Ithaque … Il est évidemment vénéré ici.
Un bateau qui ne nous est pas inconnu vient mouiller pas très loin de nous, « La Chouette » remonte de Turquie, Yves et Anne-Marie ( Yves est Breton de Douarnenez) nous invitent à leur bord et nous nous racontons nos aventures mutuelles.




Jeudi 12 août – Vlikho – Baie d’Abelike (île de Meganisi) – 7 milles

Nous avons cette fois jeté notre dévolu sur la baie d’Abelike située au nord de la petite île de Meganisi. Après une courte navigation qui nous permet au passage d’admirer l’île de Skorpios , propriété de la famille Onassis, nous nous faufilons parmi les quelques bateaux au mouillage jusqu’au fond de la baie où nous pouvons mouiller par 6 mètres d’eau, ailleurs c’est très profond… Il n’est que 11h30 et toute la journée, les bateaux vont arriver, s’entassant les uns sur les autres, beaucoup mettant des amarres à terre.
Nous commençons à trouver que cela fait beaucoup de monde, mais la surprise sera au retour de la promenade, une quinzaine de bateaux Hollandais ( location ) en voyage organisé sont venus constituer un village flottant à quelques encablures de nous ! Et c’est la fête le soir … Ah les joies du mois d’août !!!
Port Vathi n’est qu’à un quart d’heure de marche par une petite route qui serpente entre les oliviers, c’est une jolie bourgade dotée d’un petit port où accoste le ferry qui fait la liaison entre les îles.
Le lendemain, beaucoup de bateaux partent et nous serons plus tranquilles ! Nous irons, cheminant toujours à pied, parfois sous le soleil brûlant, parmi les innombrables oliviers, visiter le mignon et authentique petit village de Katomeri. Là aussi, beaucoup d’anciens, femmes en habit noir , tous nous saluant du traditionnel « Yassas »…
Le retour se fera par Port Atheni où sont rassemblés beaucoup de petits bateaux de pêche vivement colorés.

Samedi 14 août – Abelike ( île de Meganisi) – One house bay (île d’Atoko) – 15 milles

Cap au sud ce matin, afin de rejoindre la petite île montagneuse d’Atoko qui n’est pas habitée. Le vent est faible mais suffisant pour faire le trajet à la voile, il forcira d’ailleurs en fin de parcours. Le seul vrai mouillage se trouve au sud-est de l’île et se nomme « One house bay » car il y a une petite maison (inhabitée) près de la plage.
Nous y arrivons vers 14 heures et déjà une quinzaine de bateaux sont au mouillage dans cet endroit exigu mais d’une très grande beauté, imaginez un écran de verdure géant partant de la grève et grimpant presque à la verticale jusqu’à 334 mètres d’altitude, le vert des arbres contrastant avec le bleu turquoise de l’eau, tout cela sur un fond de ciel bleu Méditerranéen.
Des milliers de cigales peuplent les lieux ainsi que quelques chèvres sauvages que nous apercevrons le soir sur la plage.
Le vent est déjà bien établi au Nord-Ouest et souffle en rafales descendant de la montagne. Nous trouvons difficilement une place et mouillons près de la plage, l’ancre est vivement sollicitée mais elle est bien crochée dans le sable et tiendra bon. Dans l’après-midi, les bateaux partent les uns après les autres et nous ne serons plus que cinq le soir. La nuit sera malheureusement très ventée et peu tranquille…



Dimanche 15 août – One House Bay – Astakos ( continent) – 13 milles

Retour au continent, toujours à la voile, avec un bon vent portant . Nous faisons notre entrée dans la baie d’Astakos vers 12h30 et mouillons une demie-heure plus tard en face du port de cette grosse bourgade autrefois tournée vers la pêche à la langouste… Astakos signifie langouste en Grec.
Nous ne sommes que trois au mouillage, on respire un peu mais … Il fait une chaleur accablante, il souffle un vent brûlant, la température monte à 40°. Un petit bain de temps en temps pour se rafraîchir et en fin d’après-midi, nous allons « en ville » … prendre un verre à une terrasse !
Ce bourg est construit de manière anarchique, de vieilles maisons y côtoient des immeubles plutôt laids et les rues sont rectilignes.
Cependant, sur les arrières, au pied de l’imposante montagne, nous trouvons des petits chemins tranquilles bordés de petites maisons sympathiques avec de jolis jardins.
Au mouillage, quand le vent vient du nord, nous avons quelques odeurs désagréables et nous supposons qu’il y a encore des égoûts qui doivent se déverser dans la mer !

Mardi 17 août – Astakos- Messolonghi ( Golfe de Patras)- 35 milles

Nous quittons Astakos vers 9 heures, la météo annonce des vents plus forts pour l’après-midi, mais comme ils seront portants, cela ne nous inquiète pas.
Nous nous faufilons entre les îles Echinades, admirant la beauté du paysage, le vent nous pousse tranquillement mais il forcit petit à petit.
A l’entrée du Golfe de Patras, il atteint 15 à 20 nœuds puis augmentera jusqu’à 30 nœuds avec des rafales a plus de 35 nœuds …

C’est donc une mer agitée à l’entrée du long canal bordé de jolies maisons sur pilotis qui conduit à Messolnghi, puis le plan d’eau se calme et nous arrivons à la nouvelle marina .

Mercredi 17 au Vendredi 20 août – Messolonghi

Escale prolongée dans cette marina en cours de finition … donc en travaux mais pas trop gênants. L’environnement s’en ressent bien sûr mais il y a l’essentiel. Après avoir vu la ville qui est vivante et agréable, parcouru les environs ( lagunes, marais salants mais aussi montagne ) avec nos bicyclettes que nous avons sorties pour l’occasion, et aussi examiné les tarifs qui sont attractifs, nous décidons que ce sera notre lieu d’hivernage à partir de la mi-octobre.
En attendant, nous allons continuer à explorer les îles Ionniennes qui ont encore beaucoup de trésors à nous faire découvrir.

Samedi 21 août – Messolonghi – Port Vathi (île d’Ithaque)- 41 milles

Ce matin, la chaleur est torride, le vent souffle vigoureusement d’Est , il serait dommage de ne pas en profiter pour sortir du golfe de Patras. Nous partons donc un peu précipitamment et du coup, nous oublions les documents du bateau à la marina … Tant pis, nous reviendrons plus tard les chercher.
Jusqu’à la sortie du golfe, nous aurons un bon vent portant quoique parfois rafaleux, certaines pointes dépassent les 35 nœuds et il y a de la vague !
Une fois passé le cap … nous devons mettre le moteur et c’est en fin d’après-midi que nous entrons dans la grande baie de Port Vathi, à ne pas confondre avec Port Vahti de Meganisi. Le village ceinture la baie et tout le fond est entouré de quais, de restaurants, tavernas, l’endroit est plutôt peuplé mais le village, qui s’étale sur les hauteurs, est magnifique !
Nous sommes dans la patrie d’Ulysse … …

Cette baie, quoique un peu bruyante la nuit, est agréable et nous avons tout ce qu’il nous faut, même internet à bord. Nous y resterons donc 5 jours car nous ne sommes pas pressés. La ville, comme beaucoup d’endroits de cette région sensible, a été complètement détruite par le séisme de 1953 puis reconstruite. Elle ne manque cependant pas de charme avec un centre animé et de jolies maisons sur les hauteurs ceinturant la baie.
Nous passons un dimanche très tranquille, agrémenté d’une promenade à pied dans la colline, avec toujours de magnifiques panoramas.
Puis, le lundi en fin d’après-midi, une horde de bateaux de location arrive, les uns s’entassent à quai, les autres se mettent au mouillage, nous sommes cernés de près et plusieurs bateaux risquent de s’emboutir ! Ils repartiront tous le lendemain dans la matinée laissant la baie vide, puis d’autres les remplaceront en fin d’après-midi …
Nous profiterons de cette journée pour louer un scooter et partir à la découverte de l’intérieur de l’île par de petites routes de montagne parfois défoncées. Perachori est un petit village tranquille niché dans la montagne, ses maisons colorées s’étalent sur son flanc.
Après la fontaine d’Arethuse, lieu où Ulysse rencontra le porcher Eumée, en direction du sud de l’île, nous sommes obligés de rebrousser chemin car la route n’est plus praticable.
Nous remettons cap au nord, repassons par Vahti et, après une délicieuse baignade dans une eau transparente au détour de la route, nous faisons notre pause déjeuner dans le magnifique village de Stavros. Ici dit-on, se trouvait le palais du roi Ulysse bien que sa localisation soit sujette à controverse.
Le retour se fait par l’intérieur et notre Piaggio nous emmène jusqu’à près de 700 m d’altitude, à Anogi qui est l’ancienne capitale de l’île. Aujourd’hui, ce petit village, où beaucoup de maisons sont en ruines, est complètement endormi et nous parlons à voix basse de peur de réveiller les habitants… Il est vrai qu’à 15 h, tout le monde fait la sieste … sauf les fous de touristes !!!
Mais nous voulons rejoindre notre bord assez tôt car la brise devrait vivement se faire sentir en fin de journée… Et les bateaux de location menacent !
Le lendemain après-midi, le vent devient fou et souffle en rafales à 30 nœuds et plus … Vers 17h, notre brave ancre qui n’avait jamais failli, décroche et Algieba s’en va doucement . Heureusement que nous sommes à bord, Je m’en rends compte aussitôt et nous refaisons une nouvelle manœuvre de mouillage avec une longueur de chaîne plus importante car il y a peu de bateaux à ce moment (35 mètres pour 3,50mètres d’eau … Les connaisseurs apprécieront !).



26 aout – Vahti – Kioni - 6 milles

La jolie petite anse de Kioni s’ouvre à nous en fin de matinée après une courte navigation au moteur. Nous trouvons facilement une place cul aux rochers après une savante manœuvre pour mettre les amarres à terre !
Il y a peu de bateaux à cet instant mais cela va changer en peu de temps.
Le petit port est plein dès le milieu d’après-midi et les retardataires ne trouvent pas de place. L’endroit est très mignon et extrêmement bien protégé du vent dominant de Nord-Ouest, il offre également la possibilité de randonner dans la montagne, ce que nous faisons le lendemain matin, profitant d’une température encore douce pour escalader les chemins muletiers courant parmi les oliviers, les vignes puis les forêts de chênes verts et nous faisant découvrir de superbes panoramas sur les îles environnantes.
Il n’y a pas âme qui vive sur ces chemins, sinon quelques biquettes.

28 août – Kioni- Fiskardo (île de Céphalonie) – 10 milles

Nous quittons Ithaque pour Céphalonie, sa grande voisine et nous arrêtons dans le petit port de Fiskardo. Là encore, amarrage cul aux rochers mais la manœuvre est rendue plus difficile par le vent traversier. Comme il faut faire vite, je me jette à l’eau avec l’amarre et nage vigoureusement vers les rochers .
Gasp ! Le bateau tourne déjà et il me manque 2 mètres d’amarre ! Heureusement , un Hollandais déjà sur place arrive à la rescousse avec son annexe et nous parvenons à amarrer Algieba qui est allé tutoyer son voisin (assez éloigné) mais pas de dommages !
La prochaine fois, je me promets de prendre une amarre très longue !!!
Nous sommes bien installés dans cet endroit tranquille, perturbé seulement par le passage de quelques ferries.
Le village de Fiskardo ( le seul de l’île à avoir été épargné par le séisme de 1953) est plutôt joli et agréable mais très touristique. Il est célèbre pour le passage de stars du show-biz et autres milliardaires… De gros yachts y sont amarrés.
Le lendemain, un voilier Français vient s’amarrer près de nous et rencontre bien des difficultés pour réussir son amarrage. Revanche de la veille, je vais les aider à porter leurs amarres. Du coup, nous sympathisons avec Dominique et Nicole qui voyagent à bord de Houbibi, un solide Nordship construit au Danemark.

30 août – Fizkardo – Eufimia – 12 milles

Nous empruntons le chenal d’Ithaque qui sépare Céphalonie de Ithaque. Ce bras de mer ,large de quelques milles est réputé très venté, mais ce matin une gentille petite brise nous pousse tranquillement et nous mettons trois petites heures pour rejoindre Eufimia.
Ce village est niché au fond d’une petite baie, à l’ouvert d’une vallée, aussi un fort courant d’air (20 nœuds) nous accueille et le mouillage est rendu difficile avec ce vent et de plus, le fond y est de mauvaise tenue. Nous devons donc nous y reprendre à trois fois pour bien crocher l’ancre.
En compagnie de Dominique et Nicole, nous ne faisons qu’une courte visite à ce village agréable mais sans grand caractère.
En fin d’après-midi, les inévitables bateaux de location arrivent en masse et envahissent le quai, heureusement nous en sommes assez loin !


31 août – Eufimia – Messolonghi - 43 milles

Retour à notre marina d’hivernage pour y récupérer les papiers du bateau et refaire de l’avitaillement avant de repartir pour les iles ou le golfe de Corinthe. Il y a eu une averse ce matin, c’est la première pluie que nous voyons depuis la mi-juin.

A bientôt pour de nouvelles aventures.